- Un légume de saison génère jusqu’à 10 fois moins de CO₂ qu’un produit importé hors saison (ADEME)
- Courges, poireaux, épinards, betteraves et champignons dominent les étals de septembre
- L’OMS recommande au moins 400 g de fruits et légumes par jour, soit cinq portions
Septembre, c’est le mois charnière. Les tomates gorgées de soleil traînent encore sur les étals pendant que les premières courges pointent leur nez. Ce chevauchement fait de la rentrée l’un des moments les plus riches de l’année côté maraîchage. Et manger de saison n’a rien d’anecdotique : un légume produit hors saison peut émettre jusqu’à 10 fois plus de CO₂ qu’un légume cultivé au bon moment, rappelle l’ADEME. Les légumes de saison de septembre cochent aussi toutes les cases nutritionnelles — fibres, vitamines, antioxydants — au prix le plus bas de l’année. Reste à savoir lesquels privilégier. Voici cinq valeurs sûres à glisser dans votre panier, avec ce qu’elles apportent concrètement à votre assiette et à votre santé.
Le trio de tête : courge, poireau, épinard
La courge, championne du bêta-carotène
Butternut, potimarron, spaghetti : les courges débarquent en force. Leur chair orangée trahit une teneur élevée en bêta-carotène, précurseur de la vitamine A. Selon les tables Ciqual de l’Anses, 100 g de potimarron cuit apportent près de 3 mg de bêta-carotène, de quoi soutenir la vision et les défenses immunitaires à l’approche des frimas.
Autre atout : leur densité calorique reste faible, autour de 30 à 45 kcal aux 100 g. On peut donc en manger généreusement sans culpabiliser. Rôtie au four avec un filet d’huile d’olive, la courge devient presque sucrée.
Le poireau, discret mais précieux
On le sous-estime souvent. Le poireau contient des fibres solubles, notamment de l’inuline, un prébiotique qui nourrit le microbiote intestinal. Des travaux publiés dans Nature Reviews Gastroenterology & Hepatology soulignent le rôle de ces fibres fermentescibles dans l’équilibre de la flore. Un fondu de poireaux, c’est aussi un plat réconfortant à quelques centimes la portion.
L’épinard, pour le fer et le folate
Contrairement à la légende Popeye, l’épinard n’est pas la bombe de fer qu’on croyait — le mythe vient d’une erreur de virgule au XIXᵉ siècle. Il n’empêche : c’est une excellente source de folates (vitamine B9) et de vitamine K. Nous avons détaillé ses bénéfices dans notre article sur les légumes verts de septembre à mettre au menu, une lecture complémentaire à celle-ci.
Betterave et champignons : les mal-aimés à redécouvrir

Photo : Rodrigo Ortega / Pexels
La betterave, un coup de fouet naturel
Sa couleur pourpre vient des bétalaïnes, des pigments aux propriétés antioxydantes. Mais c’est surtout sa richesse en nitrates qui intéresse la recherche. Plusieurs études, dont une méta-analyse parue dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, ont observé une légère baisse de la pression artérielle chez les consommateurs réguliers de jus de betterave.
Les sportifs l’ont adoptée pour son effet sur l’endurance. Un bon complément, d’ailleurs, à l’activité physique douce : on rappelle à ce sujet combien la marche recèle un pouvoir sous-estimé sur le poids et la santé cardiovasculaire.
Les champignons, la protéine végétale de l’automne
Cèpes, girolles, pleurotes : la saison des champignons démarre. Peu caloriques, ils apportent des protéines végétales, des vitamines du groupe B et, fait rare dans le règne végétal, de la vitamine D lorsqu’ils ont été exposés à la lumière. Une portion de 100 g de champignons de Paris couvre une part non négligeable des apports en sélénium, un oligoélément antioxydant.
- Courge : bêta-carotène, faible en calories, polyvalente en cuisine
- Poireau : fibres prébiotiques, économique
- Épinard : folates et vitamine K
- Betterave : nitrates, effet sur la tension
- Champignons : protéines végétales, vitamines B
Pourquoi le calendrier compte vraiment
Au-delà de l’empreinte carbone, un légume cueilli à maturité au bon moment concentre davantage de micronutriments qu’un fruit récolté vert puis mûri en camion réfrigéré. La teneur en vitamine C, particulièrement fragile, chute vite après la récolte et avec le transport longue distance.
Cette carence n’est pas qu’une abstraction. Le rôle vital de certaines vitamines se rappelle parfois brutalement à nous, comme l’illustre le cas tragique évoqué dans notre article sur la mort d’un enfant de 6 ans du scorbut en Australie, une maladie de carence en vitamine C que l’on croyait disparue.
L’OMS recommande d’atteindre au moins 400 g de fruits et légumes par jour, soit environ cinq portions. Or Santé publique France estime que seul un tiers des adultes français y parvient. Miser sur des produits de saison, souvent moins chers, aide à franchir ce cap sans exploser le budget.
Comment les cuisiner sans se compliquer la vie

Photo : Muhamad Guruh Budi Hartono / Pexels
Trois principes suffisent. Cuire à la vapeur ou à basse température pour préserver les vitamines thermosensibles. Limiter les temps de cuisson prolongés dans l’eau, qui diluent minéraux et vitamines hydrosolubles. Varier les couleurs dans l’assiette, gage de diversité en antioxydants.
- Une soupe courge-poireau prête en 25 minutes
- Des épinards juste tombés à la poêle avec de l’ail
- Une betterave rôtie au four, en carpaccio, avec un peu de chèvre frais
- Des champignons poêlés au persil en accompagnement express
Questions fréquentes
Manger de saison coûte-t-il vraiment moins cher ?
En général oui. Un légume de saison, produit en abondance et localement, échappe aux surcoûts de transport et de conservation. L’écart de prix peut atteindre 30 à 50 % par rapport à un produit importé hors saison, selon les relevés des observatoires de la consommation.
Les surgelés valent-ils les légumes frais ?
Souvent, oui. Les légumes surgelés sont récoltés à maturité et congelés rapidement, ce qui préserve bien les vitamines. Un épinard surgelé peut contenir autant de vitamine C qu’un épinard frais resté plusieurs jours au réfrigérateur.
Combien de portions de légumes par jour faut-il viser ?
L’OMS recommande au moins 400 g de fruits et légumes quotidiens, soit environ cinq portions. Idéalement, la moitié de l’assiette devrait être composée de légumes à chaque repas principal.
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📚 Sources :
- Source originale — Article RSS
- OMS — Recommandations sur la consommation de fruits et légumes (who.int)
- Anses — Table de composition nutritionnelle Ciqual (ciqual.anses.fr)
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



