- Près de 1 100 cas de virus du Nil occidental recensés en Europe en 2025, dont plus de 50 en France, selon l’ECDC.
- Un homme de 75 ans est plongé dans un semi-coma près de Toulouse après une infection sévère.
- Moins de 1 % des infectés développent une atteinte neurologique, mais le risque grimpe fortement après 60 ans : la protection anti-moustiques reste la seule vraie parade.
« On ne sait pas s’il va vivre. » La phrase, lâchée par la famille d’un retraité de 75 ans hospitalisé près de Toulouse, résume à elle seule la brutalité de ce que peut provoquer le virus du Nil occidental. L’homme, contaminé cet été par une simple piqûre de moustique, se trouve dans un état de semi-coma. Ses proches ont choisi de témoigner pour une raison simple : personne, autour d’eux, n’avait entendu parler de ce virus avant qu’il ne frappe. Or il circule bel et bien, et de plus en plus loin de son foyer méditerranéen historique. L’Agence européenne de santé (ECDC) recense près de 1 100 cas humains en Europe pour la saison 2025, et la France en compte désormais plus de cinquante. Une flambée qui déborde des frontières habituelles du Sud.
Un virus discret qui frappe fort chez une minorité
Le West Nile n’est pas un nouveau venu. Isolé pour la première fois en 1937 dans le district ougandais dont il porte le nom, il s’est installé durablement en Europe du Sud depuis le début des années 2000. Ce qui change, c’est sa géographie.
Huit personnes sur dix ne ressentent rien
La grande majorité des infections passe totalement inaperçue. Selon l’Institut Pasteur et les Centres américains de contrôle des maladies (CDC), environ 80 % des personnes infectées ne développent aucun symptôme. Pour les autres, la maladie ressemble à une grippe estivale : fièvre, courbatures, maux de tête, parfois une éruption cutanée. Ces formes se résolvent seules en quelques jours.
Le problème vient de la fraction restante. Chez moins de 1 % des personnes contaminées, le virus franchit la barrière méningée et provoque une atteinte neurologique : méningite, encéphalite, paralysies. C’est cette forme-là qui menace aujourd’hui le retraité toulousain. Et elle ne frappe pas au hasard.
L’âge, facteur de risque majeur
Les données convergent : le risque de forme grave augmente nettement avec l’âge. Après 60 ans, les défenses immunitaires face à ce type d’infection s’amenuisent. Les personnes âgées, les diabétiques, les immunodéprimés et les patients atteints de pathologies chroniques figurent parmi les plus exposés aux complications. La mortalité des formes neuroinvasives oscille entre 10 et 15 % selon les séries hospitalières publiées, un chiffre qui grimpe encore chez les plus âgés.
- Fièvre soudaine et fatigue intense
- Raideur de la nuque, confusion, troubles de la conscience
- Faiblesse musculaire ou paralysie d’apparition brutale
Devant ces signes, surtout après une exposition estivale aux moustiques, une consultation en urgence s’impose.
Pourquoi le virus remonte vers le nord

Photo : Jimmy Chan / Pexels
Le cas toulousain n’est plus une exception régionale. Le virus a été détecté cette année bien au-delà de son berceau méditerranéen, jusque dans les Pays de la Loire, où les autorités sanitaires ont lancé un appel à la vigilance. Le CHU de Nantes a d’ailleurs pris en charge plusieurs patients cette saison, comme nous le détaillions dans notre article sur les trois encéphalites recensées au CHU de Nantes.
Un cycle entre oiseaux et moustiques
Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le moustique tigre qui transmet principalement le West Nile en Europe, mais le moustique commun du genre Culex. Le virus circule d’abord entre oiseaux sauvages, réservoirs naturels, et les moustiques qui les piquent. L’humain et le cheval ne sont que des hôtes accidentels, des impasses biologiques : une personne infectée ne transmet pas le virus à un autre moustique.
Le réchauffement climatique joue un rôle direct dans cette expansion. Des étés plus longs et plus chauds prolongent l’activité des moustiques et accélèrent la réplication virale à l’intérieur de l’insecte. L’ECDC observe depuis plusieurs saisons un déplacement progressif des zones de transmission vers le nord du continent.
Une transmission possible, mais rare, par le sang
Le virus peut aussi se transmettre par transfusion sanguine ou greffe d’organe, ce qui explique la vigilance renforcée de l’Établissement français du sang dans les zones où circule le virus. Des restrictions temporaires de don sont régulièrement mises en place dans les départements concernés pendant la saison à risque.
Aucun traitement spécifique : la prévention avant tout
Voilà le point qui inquiète le plus les médecins. Il n’existe ni vaccin homologué pour l’humain, ni traitement antiviral spécifique contre le virus du Nil occidental. La prise en charge des formes graves reste purement symptomatique : réanimation, soutien respiratoire, contrôle des convulsions. Tout se joue donc en amont, sur la protection contre les piqûres.
Les gestes qui réduisent réellement le risque
- Utiliser des répulsifs cutanés adaptés, en particulier à l’aube et au crépuscule, moments d’activité maximale des Culex
- Porter des vêtements couvrants dans les zones humides ou boisées
- Éliminer les eaux stagnantes autour du domicile : soucoupes, gouttières, récipients oubliés au jardin
- Installer des moustiquaires aux fenêtres, notamment dans les chambres
Ces mesures rejoignent celles recommandées face aux autres arboviroses. La surveillance du moustique tigre, vecteur de la dengue et du chikungunya, mobilise déjà les autorités, comme le montre le bilan des 119 cas d’arboviroses recensés en France cette année. La prévention se joue sur les mêmes terrains.
Une vigilance qui dépasse le seul West Nile
Les moustiques ne sont pas les seuls arthropodes à surveiller. L’expansion des maladies vectorielles concerne aussi les tiques, comme le rappelle la montée des cas d’encéphalite à tiques en Haute-Savoie. Le message des spécialistes est cohérent : le réchauffement redessine la carte des risques infectieux, et la protection individuelle devient un réflexe de santé publique.
Questions fréquentes

Photo : Jimmy Chan / Pexels
Le virus du Nil occidental se transmet-il d’une personne à l’autre ?
Non, pas par contact direct. La transmission se fait essentiellement par piqûre de moustique infecté. Les seuls cas interhumains documentés concernent les transfusions sanguines, les greffes d’organes et, rarement, la transmission mère-enfant pendant la grossesse. Une personne malade ne contamine pas son entourage par les voies respiratoires ou le toucher.
Quels symptômes doivent alerter après une piqûre de moustique ?
La plupart des infections sont asymptomatiques. Mais fièvre élevée soudaine, maux de tête intenses, raideur de la nuque, confusion, troubles de l’équilibre ou faiblesse musculaire brutale imposent une consultation rapide. Ces signes de forme neuroinvasive apparaissent en général 2 à 14 jours après la piqûre. Chez les plus de 60 ans, la vigilance doit être maximale.
Existe-t-il un vaccin contre le West Nile ?
Aucun vaccin humain n’est actuellement disponible, contrairement au domaine vétérinaire où des vaccins équins existent. La recherche progresse mais reste au stade des essais. La seule protection efficace consiste donc à éviter les piqûres : répulsifs, vêtements couvrants, suppression des eaux stagnantes et moustiquaires.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



