- Trois cas d’encéphalite liés au virus du Nil occidental confirmés au CHU de Nantes, une première dans les Pays de la Loire (ARS Pays de la Loire).
- En Europe, l’ECDC recense près de 1 100 cas humains en 2025, dont plus de 50 en France métropolitaine.
- Le virus se transmet par des moustiques communs du genre Culex — pas par le moustique-tigre. Protection contre les piqûres et vigilance sur les symptômes neurologiques.
C’est un seuil qu’on n’avait jamais franchi dans la région. Trois patients atteints d’encéphalite due au virus du Nil occidental ont été pris en charge au CHU de Nantes, marquant les premiers cas humains d’infection recensés dans les Pays de la Loire. L’information, révélée par Ouest-France et confirmée par l’Agence régionale de santé, signe l’arrivée d’un virus qui remonte lentement vers le nord de l’Europe. Jusqu’ici, la circulation du virus du Nil occidental (West Nile) restait cantonnée au pourtour méditerranéen. La voir s’installer sur la façade atlantique change la donne. Ces trois cas ne sont pas anodins : l’encéphalite représente la forme la plus grave de l’infection, celle qui envoie à l’hôpital et laisse parfois des séquelles durables. Derrière l’annonce, une réalité que les épidémiologistes surveillent depuis des années — le moustique n’a plus de frontière.
Ce que révèlent les trois cas nantais
Les patients hospitalisés au CHU de Nantes présentaient tous des signes d’atteinte neurologique. L’encéphalite, cette inflammation du cerveau, ne concerne heureusement qu’une infime minorité des personnes infectées. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 80 % des personnes infectées ne développent aucun symptôme. Chez les autres, la maladie prend le plus souvent la forme d’un syndrome pseudo-grippal : fièvre, maux de tête, courbatures, parfois des nausées.
La forme neuro-invasive frappe moins d’un cas sur cent. Mais quand elle survient, elle peut être redoutable, surtout après 60 ans ou chez les personnes immunodéprimées. L’ARS Pays de la Loire a lancé un appel à la vigilance auprès des soignants pour que tout tableau neurologique inexpliqué, en cette fin de saison, fasse penser au West Nile.
Pourquoi la Loire-Atlantique ?
La détection de cas humains dans ce département n’est pas un hasard isolé. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de progression du virus vers les Pays de la Loire, qui inquiète les autorités sanitaires. Zones humides, oiseaux migrateurs, températures qui grimpent : le cocktail idéal pour que le cycle viral s’installe. Le virus circule d’abord entre les oiseaux et les moustiques ; l’humain n’est qu’un hôte accidentel, un cul-de-sac épidémiologique qui ne retransmet pas la maladie.
Un virus transporté par un moustique qu’on connaît trop bien

Photo : Ignacio Vazquez / Pexels
Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le moustique-tigre qui propage le West Nile. Le vecteur, c’est le Culex, ce moustique brun-gris parfaitement banal qui bourdonne dans nos chambres l’été. Il pique surtout au crépuscule et la nuit, se reproduit dans les eaux stagnantes — une soucoupe de pot de fleur, un seau oublié, une gouttière bouchée suffisent.
Cette distinction compte. On a beaucoup parlé du moustique-tigre et de sa colonisation de toute la France, associé à la dengue ou au chikungunya. Le Culex, lui, est présent partout depuis toujours. Il n’a pas eu à conquérir de territoire : il attendait simplement que le virus arrive jusqu’à lui.
Les chiffres européens 2025
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) dresse un tableau clair de la saison :
- Près de 1 100 cas humains d’infection à virus West Nile recensés en Europe en 2025.
- Plus de 50 cas confirmés en France métropolitaine.
- L’Italie, la Grèce et les Balkans concentrent la majorité des infections, mais la France progresse.
- Plusieurs décès signalés à l’échelle du continent, ce qui a conduit certains observateurs à évoquer une Europe qui compte désormais ses morts liés au moustique.
Ce qui frappe les spécialistes, ce n’est pas tant le nombre absolu — encore modeste — que la trajectoire géographique. Chaque année, la limite septentrionale de circulation gagne du terrain. Le réchauffement allonge la saison d’activité des moustiques et accélère la réplication virale dans l’insecte.
Comment se protéger concrètement
Aucun vaccin humain n’existe contre le virus du Nil occidental, et aucun traitement antiviral spécifique. La prise en charge reste symptomatique. La seule vraie arme, c’est d’éviter la piqûre. Les gestes recommandés par les autorités sanitaires :
- Supprimer toutes les eaux stagnantes autour du domicile, même les plus petites — c’est là que le Culex pond.
- Installer des moustiquaires aux fenêtres, particulièrement dans les chambres.
- Utiliser des répulsifs cutanés efficaces au crépuscule et en soirée, période d’activité maximale du vecteur.
- Porter des vêtements couvrants lors des sorties nocturnes en zone humide.
Un signal doit alerter : une fièvre accompagnée de maux de tête intenses, de confusion, de raideur de la nuque ou de troubles neurologiques dans les jours qui suivent une possible exposition. Ces symptômes justifient une consultation rapide. Comme pour d’autres pathologies transmises par les moustiques — on pense au paludisme importé à La Réunion — la précocité du diagnostic change tout dans la prise en charge des formes graves.
Questions fréquentes

Photo : Egor Kamelev / Pexels
Le virus du Nil occidental est-il contagieux entre humains ?
Non, pas par contact direct. L’humain est un hôte accidentel qui ne transmet pas le virus à d’autres personnes par les voies habituelles. La transmission se fait par la piqûre d’un moustique Culex infecté. De rares cas de contamination par transfusion sanguine ou greffe d’organe ont toutefois été documentés, ce qui explique les mesures de précaution renforcées dans les zones de circulation active.
Quels sont les symptômes à surveiller ?
Dans 80 % des cas, l’infection passe totalement inaperçue selon l’OMS. Quand des symptômes apparaissent, ils ressemblent à une grippe : fièvre, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires. Les formes neurologiques graves (encéphalite, méningite) restent rares — moins de 1 % des personnes infectées — mais nécessitent une hospitalisation. Confusion, raideur de la nuque, convulsions ou paralysie doivent conduire aux urgences.
Le moustique-tigre transmet-il ce virus ?
Non. Le vecteur principal du West Nile est le moustique du genre Culex, un moustique commun présent partout en France depuis longtemps. Le moustique-tigre (Aedes albopictus) est lui responsable de la transmission de la dengue, du chikungunya et du Zika. Ce sont deux menaces distinctes qui appellent la même prudence : éliminer les eaux stagnantes et se protéger des piqûres.
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📚 Sources :
- Source originale — Ouest-France / sante.ouest-france.fr
- ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) — Surveillance West Nile virus 2025
- OMS — Fiche d’information sur le virus du Nil occidental (who.int)
- ARS Pays de la Loire — Communiqué sur la circulation du virus West Nile
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



