Paludisme à La Réunion : 47 cas importés en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, La Réunion a recensé 47 cas de paludisme importés, un chiffre qui dépasse déjà le bilan de toute l'année 2025. La maladie ne circule pas localement sur l'île, mais chaque voyageur de retour d'une zone impaludée peut ramener le parasite. À Mayotte, la situation est plus grave encore : le paludisme y atteint son plus haut niveau depuis 2010. On fait le point sur les chiffres réels, les régions à risque et les gestes qui protègent vraiment avant un départ.

⚡ En Bref — L’essentiel en 30 secondes

  • 47 cas de paludisme importés à La Réunion depuis janvier 2026, selon Santé publique France (bulletin du 9 septembre 2026) — déjà plus qu’en 2025.
  • La transmission autochtone n’existe pas sur l’île : tous les cas sont ramenés par des voyageurs de retour de zones impaludées.
  • Une chimioprophylaxie adaptée avant le départ et une protection anti-moustique rigoureuse réduisent drastiquement le risque.

Le compteur a déjà dépassé celui de l’an dernier, et on n’est même pas au bout de l’année. 47 cas de paludisme importés ont été enregistrés à La Réunion depuis le 1er janvier 2026, d’après le bulletin de Santé publique France daté du 9 septembre. Un chiffre qui interpelle, parce qu’il dépasse déjà le total de 2025. Le paludisme à La Réunion reste une maladie d’importation : aucun cas ne s’attrape sur l’île elle-même. Ce sont des habitants ou des visiteurs qui reviennent de séjours dans des pays où le parasite circule — Madagascar, Comores, Mayotte, Afrique continentale — et qui déclarent la maladie une fois rentrés. Derrière ces chiffres, il y a des fièvres brutales, parfois des hospitalisations, et un risque vital quand le diagnostic traîne. La bonne nouvelle : on sait comment l’éviter.

Pourquoi ces 47 cas inquiètent les autorités sanitaires

La Réunion a éradiqué le paludisme autochtone dans les années 1970. Le moustique vecteur, Anopheles arabiensis, est toujours présent sur l’île, mais la surveillance et la lutte anti-vectorielle empêchent la réinstallation d’une transmission locale. Le vrai enjeu, c’est le paludisme importé.

Un bilan qui grimpe plus vite que prévu

Santé publique France, dans son bulletin du 9 septembre 2026, confirme les 47 cas depuis le début de l’année. Pour donner une échelle : ce total est supérieur à celui de l’ensemble de 2025. La reprise des voyages, notamment vers Madagascar et les Comores où l’endémie reste forte, explique en grande partie cette hausse. Chaque cas importé représente un risque théorique de réintroduction si un moustique local pique une personne infectée pendant sa phase de fièvre.

  • Origine des cas : majoritairement Madagascar, Comores, Mayotte et Afrique subsaharienne.
  • Espèce parasitaire dominante : Plasmodium falciparum, la forme la plus dangereuse selon l’OMS.
  • Absence totale de transmission autochtone confirmée à ce jour sur l’île.

Mayotte, l’autre point noir de l’océan Indien

À quelques centaines de kilomètres, la situation est bien plus tendue. Selon Outre-mer La 1ère, le paludisme y atteint à Mayotte son plus haut niveau depuis 2010. Le département fait face à une circulation active du parasite, un contexte qui alimente directement les cas importés à La Réunion, tant les échanges entre les deux îles sont fréquents. L’ARS surveille de près cette dynamique croisée.

Reconnaître les symptômes et ne pas les banaliser

Comfortable bed with netbook and headphones near suitcases and bamboo walls in hotel room

Photo : Rachel Claire / Pexels

Le paludisme se manifeste en moyenne 7 à 30 jours après la piqûre infectante. Le problème, c’est que les premiers signes ressemblent à ceux d’une grippe classique — ce qui retarde souvent la consultation.

Les signaux à ne jamais ignorer après un voyage

  • Fièvre élevée, souvent en accès, avec frissons intenses puis sueurs.
  • Maux de tête, douleurs musculaires, fatigue écrasante.
  • Nausées, vomissements, parfois diarrhée.

Toute fièvre survenant dans les mois suivant un retour de zone impaludée doit être considérée comme un paludisme jusqu’à preuve du contraire. C’est la règle martelée par l’OMS et les infectiologues. Un retard de prise en charge du Plasmodium falciparum peut virer au neuropaludisme, forme grave potentiellement mortelle. Le diagnostic repose sur un test sanguin rapide, disponible en urgence dans tous les hôpitaux de l’île. On est ici dans une logique de vigilance similaire à celle qu’exigent d’autres maladies transmises par les moustiques, comme le virus du Nil occidental qui progresse en Europe.

Comment se protéger avant, pendant et après le voyage

La prévention du paludisme repose sur deux piliers indissociables : éviter les piqûres et prendre un traitement préventif adapté. Aucun des deux ne suffit seul.

La chimioprophylaxie, à discuter avec un médecin

Selon la destination et le profil du voyageur, un médecin prescrit un traitement antipaludéen préventif — atovaquone-proguanil, doxycycline ou méfloquine selon les recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Ce traitement se commence avant le départ et se poursuit un temps après le retour. Il ne protège pas à 100 %, d’où l’importance de la protection physique.

Les gestes anti-moustiques qui comptent vraiment

  • Répulsifs cutanés à base de DEET, IR3535 ou icaridine sur les zones découvertes.
  • Moustiquaire imprégnée d’insecticide pour dormir, indispensable en zone rurale.
  • Vêtements couvrants aux heures de forte activité de l’Anopheles, entre le coucher et le lever du soleil.

L’île fait déjà face à d’autres tensions sanitaires cette saison, comme l’a montré le démarrage rapide de l’épidémie de grippe. Multiplier les mesures de prévention, c’est aussi soulager des services de soins déjà sollicités. Et pour ceux qui reviennent avec des symptômes digestifs inhabituels, mieux vaut consulter sans attendre : certaines infections tropicales peuvent surprendre, à l’image de ces cas cliniques de parasitose intestinale documentés récemment.

Questions fréquentes

Detailed macro shot of a mosquito on human skin, highlighting nature and insect life.

Photo : Jimmy Chan / Pexels

Peut-on attraper le paludisme à La Réunion même sans voyager ?

Non. Il n’existe aucune transmission autochtone du paludisme sur l’île depuis son éradication dans les années 1970. Les 47 cas recensés en 2026 par Santé publique France sont tous importés, c’est-à-dire contractés lors de séjours dans des zones où le parasite circule, comme Madagascar, les Comores ou Mayotte.

Combien de temps après un voyage peut apparaître le paludisme ?

Les premiers symptômes surviennent généralement entre 7 et 30 jours après la piqûre infectante, mais certaines formes peuvent se déclarer plusieurs mois plus tard. Toute fièvre au retour d’une zone impaludée impose une consultation en urgence, car le Plasmodium falciparum peut évoluer rapidement vers une forme grave.

Le traitement préventif suffit-il à me protéger totalement ?

Non, aucune chimioprophylaxie n’offre une protection à 100 %. Elle doit toujours être associée aux mesures anti-moustiques : répulsifs cutanés, moustiquaire imprégnée et vêtements couvrants le soir. C’est la combinaison des deux qui réduit efficacement le risque, selon les recommandations de l’OMS et du Haut Conseil de la santé publique.

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📚 Sources :

Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.

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