- 119 cas autochtones d’arboviroses recensés en France métropolitaine au 10 septembre 2025, selon Santé publique France
- Le chikungunya et la dengue circulent désormais localement, transmis par le moustique tigre (Aedes albopictus) présent dans plus de 80 départements
- Éliminer les eaux stagnantes chaque semaine reste le geste le plus efficace pour casser le cycle de reproduction
On croyait ces maladies réservées aux tropiques. Elles s’invitent maintenant dans un pavillon de banlieue parisienne, un jardin girondin ou une cour des Deux-Sèvres. Au 10 septembre, Santé publique France comptabilisait 119 cas autochtones d’arboviroses sur le territoire métropolitain — c’est-à-dire des personnes contaminées sans avoir voyagé. Le moustique tigre et ses arboviroses ne sont plus une menace lointaine. Dans le Val-de-Marne, une pédiatre a lâché une phrase qui résume l’inquiétude du terrain : « Les moustiques, c’est un problème de salubrité publique. » Derrière la formule, une réalité épidémiologique : la France est devenue un terrain de transmission locale du chikungunya et de la dengue, avec des foyers qui se multiplient à mesure que les températures s’attardent en automne.
Pourquoi ces virus circulent maintenant chez nous
Le coupable a un nom et une silhouette rayée : Aedes albopictus. Ce moustique venu d’Asie du Sud-Est s’est installé en France à partir de 2004, d’abord dans les Alpes-Maritimes. Il colonise aujourd’hui plus de 80 départements. Contrairement au moustique commun, il pique le jour, prospère en zone urbaine et se contente de quelques millilitres d’eau pour pondre.
Le mécanisme est simple et redoutable. Un voyageur revient infecté d’une zone endémique. Un moustique tigre le pique, absorbe le virus, puis contamine à son tour d’autres habitants du quartier. La boucle de transmission locale se referme. C’est exactement ce scénario qui a produit les foyers de Gironde et des Deux-Sèvres cet été, comme le rapporte La Nouvelle République.
Une arrière-saison particulièrement virulente
Les autorités sanitaires parlent d’une « arrière-saison du moustique » exceptionnelle. La douceur automnale prolonge l’activité de l’insecte bien au-delà de ce qu’on observait il y a dix ans. Résultat : l’alerte sanitaire ne s’éteint pas en septembre comme avant, elle se prolonge. Ce phénomène colle à ce qu’on documente déjà sur la colonisation progressive de tout le territoire par le moustique-tigre.
Chikungunya, dengue : reconnaître les signes

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Ces deux virus partagent des symptômes communs qui peuvent facilement passer pour une grippe estivale. La confusion retarde le diagnostic et, surtout, la mise en place des mesures autour du malade.
- Fièvre brutale, souvent supérieure à 38,5 °C
- Douleurs articulaires intenses — la marque de fabrique du chikungunya, qui peut persister des semaines
- Maux de tête, douleurs musculaires, fatigue écrasante
- Éruption cutanée dans certains cas
- Pour la dengue, un risque hémorragique dans les formes sévères
La plupart des cas guérissent sans complication. Mais chez les nourrissons, les personnes âgées et les patients fragiles, l’évolution peut être plus lourde. D’où l’alerte de cette pédiatre du Val-de-Marne, en première ligne face aux enfants piqués à répétition.
Quand consulter
Fièvre inexpliquée accompagnée de courbatures articulaires, surtout si vous vivez dans une zone où le moustique tigre est signalé : ne traînez pas. Un test sanguin permet de confirmer l’infection. Le diagnostic précoce déclenche une enquête entomologique et un traitement de démoustication ciblé autour du domicile, ce qui limite la propagation. Les mêmes mécanismes de vigilance s’appliquent aux autres virus transmis par les moustiques, comme le montre la surveillance récente du virus du Nil occidental en Loire-Atlantique.
Ce que chacun peut faire, concrètement
Voilà le point où le discours des experts converge : la lutte se joue d’abord chez vous. Le moustique tigre ne vole pas loin — quelques centaines de mètres autour de son lieu de naissance. Autrement dit, celui qui vous pique est probablement né sur votre terrain ou celui du voisin.
- Videz les soucoupes, seaux, arrosoirs et tout récipient qui retient l’eau, au moins une fois par semaine
- Couvrez les réservoirs d’eau et les récupérateurs de pluie avec une moustiquaire
- Nettoyez les gouttières bouchées où l’eau croupit
- Entretenez les regards d’évacuation et les bondes de terrasse
- Rangez à l’abri de la pluie tout ce qui peut se remplir : jouets, pots vides, pneus
Une femelle pond dans une simple coupelle oubliée. Supprimer l’eau stagnante, c’est supprimer la nurserie. C’est peu spectaculaire mais c’est l’action à plus fort rendement, bien avant les répulsifs. En Île-de-France, cette bascule vers la responsabilité collective structure désormais la riposte organisée contre le moustique-tigre.
Se protéger des piqûres
Quand l’insecte est déjà là, la protection individuelle prend le relais. Répulsifs cutanés adaptés à l’âge, vêtements couvrants aux heures d’activité, moustiquaires aux fenêtres et au-dessus des berceaux pour les tout-petits. Rien de révolutionnaire, mais l’efficacité tient à la régularité. Un bon mode de vie protecteur passe aussi par des habitudes durables, à l’image de ce qu’on recommande pour le sommeil et le vieillissement en bonne santé.
Questions fréquentes

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Le chikungunya est-il grave ?
La plupart des personnes guérissent en une à deux semaines. Le principal problème réside dans les douleurs articulaires, qui peuvent persister plusieurs mois voire années dans certains cas. Les formes sévères touchent surtout les nourrissons, les plus de 65 ans et les personnes immunodéprimées. Sur les 119 cas autochtones d’arboviroses recensés par Santé publique France au 10 septembre 2025, la majorité reste bénigne, mais la vigilance s’impose pour les publics fragiles.
Comment savoir si le moustique tigre est présent chez moi ?
Il est petit, noir avec des rayures blanches, et pique en journée, souvent aux chevilles. Contrairement aux moustiques classiques, il ne fait pas de bruit strident. La plateforme officielle de signalement permet de vérifier la présence de l’espèce dans votre commune et d’y déclarer vos observations. Plus de 80 départements sont aujourd’hui colonisés.
Existe-t-il un vaccin contre la dengue ou le chikungunya ?
Un vaccin contre le chikungunya a été autorisé récemment en Europe, réservé à des populations et situations spécifiques. Pour la dengue, un vaccin existe mais son usage est encadré selon les antécédents d’infection. Ces outils ne remplacent pas la lutte contre les moustiques : la prévention environnementale et la protection individuelle restent la première ligne de défense.
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📚 Sources :
- Source originale — Article RSS
- Santé publique France — Surveillance des arboviroses en France métropolitaine, bilan au 10 septembre 2025
- OMS — Chikungunya et dengue, fiches d’information et données épidémiologiques
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



