- Selon Santé publique France, la grippe provoque en moyenne 9 000 décès par an, essentiellement chez les plus de 65 ans.
- Deux vaccins — grippe et zona — sont au cœur d’un débat sur une éventuelle obligation pour les seniors.
- Aucune décision officielle n’est actée : il s’agit pour l’instant de recommandations renforcées, pas d’une obligation légale.
Le mot « obligatoire » suffit à faire monter la tension. Depuis quelques jours, l’hypothèse de rendre deux vaccins obligatoires après 65 ans circule dans la presse et relance un débat récurrent. En cause : une couverture vaccinale des seniors qui stagne autour de 50 % pour la grippe, très loin de l’objectif de 75 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé. La vaccination des seniors reste le maillon faible de la prévention hivernale, alors même que cette population concentre l’essentiel des formes graves. Grippe et zona sont les deux candidats désignés. Rien n’est tranché, mais la question mérite qu’on la regarde en face, chiffres à l’appui, plutôt que de céder à la panique ou au rejet réflexe.
Pourquoi la grippe et le zona sont dans le viseur
Ce ne sont pas des choix au hasard. Ces deux maladies frappent plus durement les organismes vieillissants, dont le système immunitaire se défend moins bien — un phénomène que les immunologistes appellent l’immunosénescence.
La grippe, tueuse discrète de l’hiver
Chaque saison, Santé publique France recense en moyenne 9 000 décès attribuables à la grippe, dont plus de 90 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Les hospitalisations se comptent par dizaines de milliers. Le virus ne se contente pas d’affaiblir : il déstabilise des équilibres fragiles, précipite des décompensations cardiaques ou respiratoires, et laisse parfois des séquelles durables.
Le vaccin antigrippal est déjà remboursé à 100 % pour les plus de 65 ans. Malgré cela, un senior sur deux passe à côté. Cette réticence coûte cher, comme l’illustre le démarrage précoce et brutal de certaines épidémies — on l’a vu récemment avec la flambée grippale à La Réunion qui a saturé les urgences.
Le zona, une douleur qui s’installe
Moins médiatisé, le zona n’en est pas moins redoutable. Provoqué par la réactivation du virus de la varicelle, il touche une personne sur trois au cours de sa vie, avec un risque qui grimpe nettement après 65 ans. Sa complication la plus redoutée, les douleurs post-zostériennes, peut persister des mois, voire des années. La Haute Autorité de santé recommande déjà le vaccin Shingrix pour les 65 ans et plus, avec une efficacité mesurée supérieure à 90 % contre les formes symptomatiques dans les essais cliniques publiés.
Obligation ou recommandation renforcée : où en est-on vraiment

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Attention à ne pas confondre les termes. Pour l’heure, aucune loi ne transforme ces recommandations en obligation. Le débat porte sur l’opportunité de franchir ce pas, dans un pays où onze vaccins sont obligatoires… mais uniquement pour les nourrissons depuis 2018.
Les partisans de l’obligation avancent un raisonnement simple : la recommandation ne suffit pas. Quand un vaccin est « conseillé », la moitié de la population cible l’ignore. Les opposants, eux, redoutent un effet contre-productif. Contraindre des adultes, souvent autonomes et informés, pourrait durcir la défiance plutôt que la lever.
La Cour des comptes a d’ailleurs pointé les failles du suivi vaccinal français, notamment l’absence de traçabilité fiable. Le sujet a fait l’objet de plusieurs analyses relayées dans nos colonnes, sur la nécessité d’un carnet numérique qui permettrait enfin de savoir qui est protégé et qui ne l’est pas. Sans cet outil, imposer une obligation reste largement théorique : on ne peut pas contrôler ce que l’on ne mesure pas.
- Obligation légale : contrainte assortie de conséquences, inexistante à ce jour pour les seniors.
- Recommandation forte : statut actuel de la grippe et du zona, appuyé par le remboursement.
- Incitation : campagnes, courriers de l’Assurance maladie, rôle du médecin traitant.
Ce que change vraiment la vaccination après 65 ans
Derrière la polémique, il y a une réalité clinique documentée. Prévenir plutôt que soigner, c’est aussi une question de qualité de vie. L’idée que notre système de santé investit davantage sur les seniors que sur la prévention chez les jeunes fait débat — un point soulevé par le professeur Franck Chauvin sur les priorités du système de soins.
Un bénéfice qui dépasse la seule infection
Plusieurs travaux publiés dans The Lancet et repris par des équipes de l’INSERM suggèrent que la vaccination antigrippale réduit aussi le risque d’événements cardiovasculaires dans les semaines suivant une infection évitée. La grippe agit comme un déclencheur inflammatoire, capable de fragiliser un cœur déjà fatigué. Vacciner, c’est donc parfois éviter un infarctus autant qu’une pneumonie.
Pour le zona, l’enjeu est différent mais tout aussi concret : préserver l’autonomie. Une douleur chronique invalidante chez une personne âgée peut enclencher un cercle vicieux — isolement, perte de mobilité, dépression.
À qui en parler concrètement
Le premier réflexe reste le médecin traitant, qui connaît vos antécédents. Le pharmacien peut désormais vacciner contre la grippe. Un point de vigilance : les deux vaccins peuvent souvent être administrés lors de la même consultation, ce qui simplifie la démarche pour les personnes réticentes à multiplier les rendez-vous.
Questions fréquentes

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Ces vaccins sont-ils déjà obligatoires en France ?
Non. À ce jour, aucun vaccin n’est obligatoire pour les adultes de plus de 65 ans. La grippe et le zona relèvent d’une recommandation forte de la Haute Autorité de santé, avec un remboursement à 100 % pour la grippe. L’obligation évoquée reste au stade du débat, sans texte de loi engagé.
Le vaccin contre le zona est-il remboursé ?
Le vaccin Shingrix est recommandé pour les 65 ans et plus et bénéficie d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Son efficacité contre les formes symptomatiques dépasse 90 % selon les essais cliniques publiés. Il se fait en deux doses espacées de plusieurs mois.
Pourquoi la couverture vaccinale des seniors reste-t-elle si basse ?
Elle stagne autour de 50 % pour la grippe, contre un objectif OMS de 75 %. Les raisons sont multiples : sous-estimation du risque, oubli, méfiance, mais aussi absence d’un suivi vaccinal fiable, que la Cour des comptes a pointée comme un frein majeur à toute politique efficace.
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📚 Sources :
- Source originale — Pleine Vie (via Google News)
- Santé publique France — Bulletins de surveillance de la grippe et couverture vaccinale
- Haute Autorité de santé — Recommandations vaccinales grippe et zona (Shingrix)
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



