Piquée par une tique, elle survit à 42 jours de coma

Une simple balade en pleine nature a viré au cauchemar : piquée par une tique, une femme a sombré dans un coma de 42 jours à cause d'une encéphalite à tiques, une maladie neurologique rare mais redoutable. Selon Santé publique France, entre 15 et 45 cas sont recensés chaque année dans l'Hexagone, un chiffre en hausse. Dans cet article, vous découvrirez comment reconnaître les premiers symptômes, quels gestes adopter après une morsure et pourquoi la vaccination reste la meilleure protection. Un rappel salutaire à l'approche des beaux jours, quand les tiques sont les plus actives et que les activités de plein air se multiplient.

⚡ En Bref — L’essentiel en 30 secondes

  • Selon Santé publique France, 15 à 45 cas d’encéphalite à tiques sont diagnostiqués chaque année en France, un nombre en progression.
  • Une femme a passé 42 jours dans le coma après une simple morsure de tique lors de ses vacances.
  • La vaccination existe et reste recommandée pour les personnes exposées : promeneurs, randonneurs, forestiers.

C’est l’histoire qui rappelle qu’un insecte de quelques millimètres peut bouleverser une vie. Piquée par une tique lors d’une simple balade en vacances, une femme a contracté une encéphalite à tiques, une maladie neurologique rare qui l’a plongée dans un coma de 42 jours. Ce cas, relayé par plusieurs médias dont Ouest-France et Midi Libre, illustre la gravité que peut prendre une infection transmise par ces arachnides. Car derrière la banale morsure se cache parfois un virus capable de s’attaquer directement au système nerveux central, provoquant paralysies, séquelles cognitives durables, voire un décès. Si la maladie de Lyme reste la plus connue, l’encéphalite à tiques (TBE) demeure méconnue du grand public alors que son incidence augmente en Europe. À l’heure où les tiques colonisent de nouveaux territoires sous l’effet du réchauffement climatique, comprendre ce risque devient essentiel.

Une morsure banale, des conséquences dramatiques

Le scénario est presque toujours le même : une randonnée en forêt, un pique-nique dans les hautes herbes, une promenade en montagne. La tique, minuscule, s’accroche à la peau sans que la victime ne s’en aperçoive. Dans le cas rapporté par la presse, la femme n’a d’abord ressenti que des symptômes grippaux avant que son état ne se dégrade brutalement, jusqu’à nécessiter une hospitalisation en soins intensifs et un coma prolongé de plus de six semaines.

Le virus TBE, un agent redoutable

L’encéphalite à tiques est causée par le virus TBEV (Tick-Borne Encephalitis Virus), un flavivirus proche de celui de la dengue ou du Nil occidental. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 10 000 à 12 000 cas sont recensés chaque année dans l’ensemble de l’hémisphère nord, principalement en Europe centrale, orientale et en Asie. La maladie évolue classiquement en deux phases :

  • Une première phase pseudo-grippale (fièvre, courbatures, fatigue) survenant 7 à 14 jours après la morsure.
  • Après une accalmie trompeuse, une seconde phase neurologique dans environ 20 à 30 % des cas, avec méningite, encéphalite ou méningo-encéphalite.

C’est cette seconde phase qui peut entraîner des paralysies, des troubles de la conscience et, comme dans ce cas, un coma profond. L’Institut Pasteur estime que jusqu’à 50 % des patients ayant développé une forme neurologique conservent des séquelles durables : troubles de la concentration, fatigue chronique, paralysies partielles.

Pourquoi les tiques inquiètent de plus en plus

Close-up of a dangerous castor bean tick (Ixodes ricinus) on a green leaf.

Photo : Erik Karits / Pexels

La progression de l’encéphalite à tiques en Europe n’est pas un hasard. Le réchauffement climatique allonge la période d’activité des tiques et élargit leur aire de répartition vers le nord et en altitude. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a documenté une hausse constante des cas dans plusieurs pays, notamment en Allemagne, en Autriche et en Suisse.

La situation en France

En France, la maladie reste rare mais bien présente. Santé publique France recense entre 15 et 45 cas par an, principalement dans l’est du pays : Alsace, Grand Est, régions frontalières avec l’Allemagne et la Suisse. Un foyer inattendu avait même été identifié en Auvergne-Rhône-Alpes en 2020, lié à la consommation de fromage de chèvre au lait cru contaminé, rappelant que le virus peut aussi se transmettre par les produits laitiers non pasteurisés.

Ce phénomène n’est pas isolé. Comme nous l’évoquions dans notre article sur le sud de la France en alerte face au chikungunya et à la dengue, les maladies vectorielles gagnent du terrain sur le territoire national. La logique est la même que pour les moustiques qui piquent certaines personnes plus que d’autres : le climat modifie profondément la carte des risques infectieux en Europe.

Que faire après une morsure de tique ?

La rapidité de réaction est déterminante pour limiter les risques, qu’il s’agisse de l’encéphalite à tiques ou de la maladie de Lyme. Voici les gestes recommandés par les autorités sanitaires :

  • Retirer la tique immédiatement à l’aide d’un tire-tique, en tirant délicatement sans écraser le corps de l’animal ni utiliser d’éther ou d’alcool.
  • Désinfecter la zone après retrait et se laver les mains.
  • Surveiller la peau et son état général pendant plusieurs semaines : apparition d’une rougeur circulaire (érythème migrant), fièvre, maux de tête, fatigue inhabituelle.
  • Consulter un médecin en cas de symptômes, en précisant la date et le lieu de la morsure.

Il n’existe aucun traitement antiviral spécifique contre l’encéphalite à tiques : la prise en charge est uniquement symptomatique, d’où l’importance capitale de la prévention. Avant tout séjour en zone à risque, il peut être utile de préparer sa trousse à pharmacie selon les conseils des urgentistes, en y intégrant notamment un tire-tique.

La vaccination, meilleure protection

Contre l’encéphalite à tiques, un vaccin efficace existe et est recommandé par la Haute Autorité de santé (HAS) pour les personnes vivant ou voyageant dans les zones endémiques, ainsi que pour les professions exposées (forestiers, agriculteurs, chasseurs). Le schéma vaccinal comprend trois doses, avec une efficacité estimée à plus de 95 % selon les données du fabricant et de l’OMS. À noter : aucun vaccin ne protège contre la maladie de Lyme, ce qui rend les mesures de protection physique (vêtements couvrants, répulsifs, inspection cutanée) indispensables.

Questions fréquentes

Close-up of a castor bean tick (Ixodes ricinus) on a blade of grass.

Photo : Erik Karits / Pexels

L’encéphalite à tiques est-elle mortelle ?

Elle peut l’être. Selon l’OMS, la létalité des formes neurologiques varie de 1 à 2 % pour les souches européennes, mais peut atteindre 20 % pour certaines souches asiatiques. Environ 30 à 50 % des patients ayant développé une forme neurologique conservent des séquelles durables comme des paralysies ou des troubles cognitifs. C’est pourquoi une prise en charge hospitalière rapide est essentielle.

Combien de temps faut-il pour qu’une tique transmette le virus ?

Contrairement à la bactérie de la maladie de Lyme, qui nécessite généralement 24 à 48 heures d’attachement pour être transmise, le virus de l’encéphalite à tiques peut être transmis très rapidement, en quelques minutes seulement après la morsure, car il se trouve dans les glandes salivaires de la tique. C’est ce qui rend la vaccination d’autant plus pertinente pour les personnes exposées.

Où trouve-t-on des tiques en France ?

Les tiques sont présentes dans les zones boisées, les hautes herbes, les lisières de forêt et les jardins, principalement de mars à octobre. Les régions les plus concernées par l’encéphalite à tiques sont l’Alsace et le Grand Est, mais des cas ont été signalés ailleurs. Santé publique France recommande d’inspecter systématiquement sa peau après toute activité en pleine nature, même dans les parcs urbains.

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📚 Sources :

Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.

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