- Santé publique France a recensé un nombre inédit de cas autochtones de chikungunya en 2025, un record pour la période estivale.
- De nouveaux foyers confirmés dans le Tarn, la Gironde et l’Hérault, avec démoustications ciblées.
- Le moustique tigre (Aedes albopictus) est désormais implanté dans plus de 80 départements métropolitains.
Ce n’est plus une menace lointaine réservée aux zones tropicales. En cette fin juillet 2025, plusieurs dizaines de cas autochtones de chikungunya et de dengue ont été confirmés dans le sud de la France, selon les points épidémiologiques de Santé publique France. Des contaminations qui ne proviennent d’aucun voyage : les personnes malades ont été piquées sur le sol français, par des moustiques tigres eux-mêmes contaminés localement. À Saint-Amans-Soult, dans le Tarn, un cas autochtone de chikungunya confirmé fin juillet a déclenché une opération de démoustication nocturne. Dans la Gironde et l’Hérault, d’autres foyers de cas autochtones ont émergé, confirmant une tendance de fond que les autorités sanitaires redoutaient. Cette accélération, jamais observée aussi tôt dans la saison, marque un tournant : les arboviroses autrefois cantonnées à l’importation s’installent durablement dans l’Hexagone.
Un été 2025 hors norme sur le front des arboviroses
Le constat dressé par Santé publique France est sans appel. La saison 2025 bat des records de précocité et d’intensité pour les cas de transmission locale. À titre de comparaison, l’année 2024 avait déjà marqué un pic historique, mais 2025 dépasse ces chiffres à la même période.
Trois virus sous surveillance
- Le chikungunya : caractérisé par une fièvre brutale et des douleurs articulaires parfois invalidantes qui peuvent persister des semaines. C’est le virus qui progresse le plus vite en métropole cet été.
- La dengue : responsable de fortes fièvres, de douleurs musculaires et de céphalées. L’OMS estime à environ 390 millions le nombre d’infections annuelles dans le monde.
- Le West Nile (virus du Nil occidental) : transmis par le moustique du genre Culex, il reste le plus souvent asymptomatique, mais peut provoquer des atteintes neurologiques graves chez les personnes fragiles.
Les trois pathogènes partagent un point commun : leur circulation dépend étroitement des populations de moustiques vecteurs, dont l’expansion géographique est directement liée au réchauffement climatique et à l’urbanisation.
Le moustique tigre, principal responsable

Photo : Egor Kamelev / Pexels
Derrière la dengue et le chikungunya, un coupable désigné : Aedes albopictus, communément appelé moustique tigre. Selon les données du ministère de la Santé et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), cet insecte est désormais implanté dans plus de 80 départements métropolitains, contre seulement une poignée au début des années 2010. Sa progression vers le nord ne montre aucun signe de ralentissement.
Pourquoi il s’installe si vite
Ce moustique diurne, reconnaissable à ses rayures noires et blanches, prospère dans les environnements urbains où l’eau stagnante abonde : soucoupes de pots de fleurs, gouttières bouchées, récipients oubliés. Une simple capsule de bouteille remplie d’eau suffit à sa reproduction. Comprendre pourquoi les moustiques piquent certaines personnes plus que d’autres aide aussi à mieux évaluer son exposition individuelle.
La dynamique de transmission est simple mais redoutable : un moustique pique une personne revenant d’une zone endémique et déjà infectée, se contamine, puis transmet le virus à d’autres personnes lors de piqûres suivantes. C’est ainsi que naissent les foyers autochtones observés dans le Tarn, la Gironde ou l’Hérault.
Comment se protéger efficacement
Face à cette expansion, la prévention individuelle reste la première ligne de défense. Les autorités sanitaires et les entomologistes insistent sur des gestes simples mais déterminants.
Les mesures qui fonctionnent
- Éliminer les eaux stagnantes autour du domicile : vider les soucoupes, couvrir les récupérateurs d’eau, nettoyer les gouttières.
- Utiliser des répulsifs cutanés homologués contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine.
- Porter des vêtements couvrants et clairs, surtout en journée puisque le moustique tigre est actif de l’aube au crépuscule.
- Installer des moustiquaires aux fenêtres et privilégier la climatisation lorsque c’est possible.
Avant de partir en vacances, il peut être utile de vérifier le contenu de sa trousse de premiers soins : notre guide sur ce que les urgentistes emportent dans leur trousse à pharmacie détaille les répulsifs et antipyrétiques recommandés.
Enfin, toute personne présentant fièvre, douleurs articulaires ou musculaires après une piqûre doit consulter rapidement. Un diagnostic précoce permet non seulement une meilleure prise en charge, mais aussi d’éviter que le patient ne devienne à son tour source de contamination locale.
Une surveillance renforcée et des enjeux de santé publique

Photo : Anuj / Pexels
La circulation de ces virus en métropole rappelle que les frontières entre maladies « tropicales » et « européennes » deviennent poreuses. Les dispositifs de veille de Santé publique France, couplés aux opérations de démoustication ciblées menées par les Agences régionales de santé, visent à casser les chaînes de transmission dès l’apparition d’un cas.
Cette vigilance s’inscrit dans un contexte mondial de surveillance accrue des épidémies émergentes, comme l’illustrent nos suivis sur d’autres foyers infectieux, à l’image de l’épidémie d’Ebola en RDC dont le virus circulait déjà en janvier. La rapidité d’identification et de réponse reste, dans tous les cas, la clé pour contenir la propagation.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un cas autochtone exactement ?
Un cas autochtone désigne une personne contaminée sur le territoire français sans avoir voyagé dans une zone où le virus circule. Elle a donc été piquée localement par un moustique tigre lui-même infecté. C’est le signe que la transmission s’établit sur place, contrairement aux cas dits « importés » liés à un séjour à l’étranger.
Le chikungunya et la dengue sont-ils dangereux ?
Dans la majorité des cas, ces infections guérissent spontanément. Le chikungunya peut toutefois provoquer des douleurs articulaires persistant plusieurs semaines, voire des mois. La dengue, selon l’OMS qui recense environ 390 millions d’infections annuelles dans le monde, peut évoluer vers des formes sévères, notamment en cas de seconde infection. Les personnes âgées et fragiles sont les plus à risque.
Comment savoir si j’ai été piqué par un moustique tigre ?
Le moustique tigre pique principalement en journée, avec un pic à l’aube et au crépuscule, contrairement au moustique commun actif la nuit. Il est reconnaissable à ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes. Une piqûre suivie de fièvre, de courbatures ou de douleurs articulaires dans les jours qui suivent doit conduire à consulter un médecin.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



