- Plus de 15 000 nouveaux cas de mélanome sont recensés chaque année en France, selon Santé publique France, dont 80% liés aux UV.
- Le « tanmaxxing », tendance virale sur TikTok, encourage la génération Z à maximiser son bronzage, au mépris des risques cutanés.
- Une seule exposition entraînant un coup de soleil dans l’enfance double le risque de mélanome à l’âge adulte (OMS).
Sur les plages de Vendée, en cet été caniculaire, une dermatologue confie son inquiétude : « Je suis étonnée de voir les gens s’exposer ainsi. » Le constat est partagé par toute la profession. Une nouvelle mode, baptisée tanmaxxing, séduit particulièrement les 15-25 ans qui cherchent à obtenir la peau la plus dorée possible, parfois sans aucune protection. Pourtant, les chiffres sont sans appel : le mélanome cutané a triplé en incidence depuis les années 1990 en France, selon l’Institut national du cancer (INCa). Derrière l’esthétique d’une peau hâlée se cache l’un des cancers les plus agressifs lorsqu’il est détecté tardivement. Comprendre ce que le tanmaxxing bronzage fait réellement à notre peau devient une urgence de santé publique, à l’heure où les réseaux sociaux valorisent des comportements que la médecine combat depuis quarante ans.
Le tanmaxxing, une tendance née des réseaux sociaux
Le terme, contraction de « tan » (bronzage) et de « maxxing » (maximiser), désigne l’ensemble des pratiques visant à obtenir le teint le plus foncé possible. On le retrouve sous forme de vidéos cumulant des millions de vues, où de jeunes internautes s’exposent aux heures les plus chaudes, utilisent des accélérateurs de bronzage à l’huile, ou fréquentent les cabines UV.
Qui sont ceux qui cherchent à dorer leur peau ?
Contrairement aux idées reçues, l’attrait du bronzage n’est pas uniforme. Les études de comportement montrent que les adeptes du bronzage intensif partagent plusieurs profils :
- Les jeunes adultes influencés par les codes esthétiques des réseaux sociaux ;
- Les personnes associant peau hâlée et image de vitalité ou de réussite ;
- Celles présentant une forme de « tanorexie », dépendance psychologique au bronzage documentée par plusieurs équipes de dermatologie.
Une étude publiée dans le Journal of the American Academy of Dermatology a montré que l’exposition aux UV active la production de bêta-endorphines, expliquant en partie ce caractère quasi addictif chez certains sujets.
Ce que la science dit des UV et du cancer de la peau

Photo : Joaquin Carfagna / Pexels
Le lien entre exposition solaire et cancer cutané n’est plus à démontrer. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe les rayonnements ultraviolets comme cancérogènes certains pour l’homme, au même titre que le tabac ou l’amiante.
Des chiffres qui parlent
- Selon Santé publique France, le mélanome cause environ 1 900 décès par an dans le pays.
- L’OMS estime qu’une utilisation de cabines UV avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 75%.
- D’après l’INCa, 80 à 85% des cancers cutanés sont directement attribuables à une surexposition aux rayons solaires.
Les progrès de la recherche offrent heureusement de nouveaux espoirs pour les formes avancées, comme le montrent certaines avancées récentes en immunothérapie que nous avons détaillées dans notre article sur une rémission spectaculaire d’un cancer métastatique. Mais la prévention reste, de loin, la meilleure arme.
Un danger qui ne concerne pas que les seniors
Le mélanome n’épargne pas les jeunes. Il figure parmi les cancers les plus fréquents chez les 25-49 ans, rappelle l’INCa. Le phénomène du cancer chez des sujets jeunes, longtemps sous-estimé, gagne en visibilité, comme l’illustre le témoignage bouleversant de Théo, atteint d’un cancer à 24 ans. Le tanmaxxing, en ciblant précisément la génération Z, expose donc une population déjà vulnérable à un facteur de risque évitable.
Comment bronzer sans mettre sa santé en danger
Renoncer au bronzage n’est pas une injonction réaliste pour tous. Les dermatologues privilégient une approche pragmatique : réduire l’exposition aux risques plutôt que la diaboliser.
Les gestes de protection recommandés
- Éviter l’exposition entre 12h et 16h, lorsque l’indice UV est maximal ;
- Appliquer une crème solaire SPF 50+, renouvelée toutes les deux heures ;
- Porter chapeau, lunettes et vêtements couvrants lors des expositions prolongées ;
- Bannir totalement les cabines de bronzage, dont l’usage est déconseillé par l’ensemble des sociétés savantes ;
- Surveiller l’apparition de nouveaux grains de beauté ou de lésions évolutives, selon la règle « ABCDE » (Asymétrie, Bords, Couleur, Diamètre, Évolution).
La canicule accentue par ailleurs les risques d’exposition prolongée, un phénomène que nous abordons dans notre dossier sur l’explosion des rapatriements de vacanciers liés à la chaleur. Prudence et vigilance restent les maîtres-mots de l’été.
Questions fréquentes

Photo : Vinícius Trindade / Pexels
Le tanmaxxing est-il vraiment plus dangereux qu’un bronzage classique ?
Oui. Le tanmaxxing pousse à maximiser l’exposition, souvent aux heures les plus intenses et sans protection, ce qui multiplie la dose d’UV reçue. Or, l’OMS rappelle qu’un coup de soleil sévère dans la jeunesse double le risque de mélanome à l’âge adulte. L’intensité et la répétition des expositions sont les principaux facteurs aggravants.
Un teint hâlé protège-t-il vraiment du soleil ?
Non, c’est un mythe. Le bronzage correspond à une réaction de défense de la peau face à une agression. Il n’offre qu’un facteur de protection équivalent à un SPF 3 ou 4 selon les dermatologues, très insuffisant. Il ne remplace jamais une protection solaire adaptée.
À partir de quel âge le risque de mélanome commence-t-il ?
Le risque existe dès l’enfance. Selon l’OMS, l’utilisation de cabines UV avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 75%. Le mélanome figure d’ailleurs parmi les cancers les plus fréquents chez les 25-49 ans, d’où l’importance d’adopter de bonnes habitudes dès le plus jeune âge.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



