- Selon l’OMS, le cancer a provoqué environ 10 millions de décès en 2020, mais les immunothérapies transforment le pronostic de nombreux patients.
- Un patient traité à Safed (Galilée) serait en rémission complète d’un cancer métastatique après un traitement innovant.
- Les thérapies CAR-T obtiennent jusqu’à 40 % de rémissions durables dans certains cancers du sang réfractaires, selon des données publiées dans The New England Journal of Medicine.
C’est une nouvelle qui a fait le tour d’Israël en quelques heures. Dans un hôpital de Safed, ville perchée dans les montagnes de Galilée, un patient atteint d’un cancer métastatique — c’est-à-dire disséminé dans plusieurs organes — serait aujourd’hui déclaré en rémission complète après avoir bénéficié d’un traitement présenté comme innovant. Le mot « miracle » a immédiatement circulé. Mais derrière l’émotion légitime que suscite ce type d’annonce se cache une réalité scientifique bien plus nuancée. Ces dix dernières années, la cancérologie a connu une révolution silencieuse : l’immunothérapie et les thérapies cellulaires permettent désormais des guérisons autrefois jugées impossibles. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer reste responsable de près d’un décès sur six dans le monde. Comprendre ce qui se joue derrière ce cas isolé, c’est mesurer l’ampleur d’une transformation médicale majeure.
Que sait-on réellement de ce cas à Safed ?
Les informations disponibles restent, à ce stade, parcellaires. Le patient aurait présenté un cancer avec métastases, situation généralement associée à un pronostic sombre. Le traitement dit « innovant » relèverait des approches d’immunothérapie ou de thérapie ciblée, désormais largement utilisées dans les centres de pointe.
La prudence indispensable face aux annonces de « miracle »
En médecine, un cas individuel ne constitue jamais une preuve scientifique. Une rémission spectaculaire chez un patient — aussi réjouissante soit-elle — doit être confirmée par des essais cliniques randomisés portant sur des centaines de personnes. C’est le principe fondamental de la médecine fondée sur les preuves, défendu par des revues comme The Lancet ou Nature Medicine.
- Une rémission complète signifie l’absence de signe détectable de cancer, mais pas nécessairement une guérison définitive.
- Le recul dans le temps est déterminant : on parle généralement de guérison après cinq ans sans récidive.
- Les réponses spectaculaires isolées existent mais ne se généralisent pas toujours à l’ensemble des patients.
L’immunothérapie, moteur de la révolution en cancérologie

Photo : Tara Winstead / Pexels
Le principe est d’une élégance redoutable : plutôt que de détruire directement les cellules tumorales comme le fait la chimiothérapie, l’immunothérapie réactive le système immunitaire du patient pour qu’il reconnaisse et attaque le cancer. Cette approche a valu à James Allison et Tasuku Honjo le prix Nobel de médecine 2018.
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire
Ces molécules, comme le pembrolizumab ou le nivolumab, lèvent les « freins » que les tumeurs imposent au système immunitaire. Dans le mélanome métastatique — longtemps synonyme de condamnation — certaines études publiées dans The New England Journal of Medicine rapportent des taux de survie à cinq ans dépassant désormais 50 %, contre moins de 10 % il y a quinze ans.
Les thérapies cellulaires CAR-T
Autre révolution : les cellules CAR-T. Les lymphocytes du patient sont prélevés, génétiquement reprogrammés en laboratoire pour cibler les cellules cancéreuses, puis réinjectés. Selon des données relayées par l’Institut national du cancer (INCa) et publiées dans plusieurs revues internationales, ces traitements obtiennent des taux de rémission de 30 à 40 % chez des patients atteints de leucémies ou lymphomes réfractaires à toutes les autres thérapies.
Comme le rappelle le témoignage bouleversant que nous avions relayé dans notre enquête sur le cancer du poumon chez les jeunes, chaque avancée thérapeutique redonne un espoir concret à des patients longtemps sans solution.
Pourquoi ces avancées ne concernent pas encore tous les cancers
Il serait trompeur de laisser croire que le cancer est vaincu. Les immunothérapies fonctionnent remarquablement dans certains cas, mais restent inefficaces ou partiellement efficaces dans de nombreux autres.
- Le microenvironnement tumoral de certains cancers solides (pancréas, cerveau) reste largement résistant à ces approches.
- Ces traitements peuvent provoquer des effets secondaires immunitaires graves, parfois potentiellement mortels.
- Leur coût, souvent supérieur à 300 000 euros par patient pour les CAR-T, pose de réels enjeux d’accès et d’équité.
Le rôle du terrain et de la prévention
Au-delà des traitements de rupture, la recherche confirme le poids du mode de vie. La qualité du sommeil, par exemple, influence directement l’efficacité des défenses immunitaires : nous l’avons documenté dans notre article sur le lien entre sommeil et immunité. De même, une alimentation anti-inflammatoire constitue un levier reconnu pour soutenir l’organisme face aux processus inflammatoires chroniques associés à de nombreux cancers.
L’INSERM rappelle qu’environ 40 % des cancers seraient évitables par la réduction des facteurs de risque : tabac, alcool, surpoids, sédentarité et exposition à certains polluants.
Questions fréquentes

Photo : Tara Winstead / Pexels
Un cancer métastatique peut-il vraiment être guéri ?
Oui, dans certains cas désormais. Là où le cancer métastatique était presque toujours fatal, les immunothérapies permettent des rémissions durables chez une fraction de patients. Dans le mélanome métastatique, la survie à cinq ans dépasse 50 % selon The New England Journal of Medicine, contre moins de 10 % il y a quinze ans. Chaque cas reste néanmoins individuel.
Qu’est-ce qu’un traitement par cellules CAR-T ?
Il s’agit d’une thérapie cellulaire : les lymphocytes du patient sont prélevés, modifiés génétiquement en laboratoire pour reconnaître les cellules cancéreuses, puis réinjectés. Selon l’INCa, cette approche obtient 30 à 40 % de rémissions chez des patients atteints de leucémies ou lymphomes réfractaires. Son coût élevé et ses effets secondaires en limitent toutefois l’usage.
Peut-on prévenir le cancer par le mode de vie ?
En partie. L’INSERM estime qu’environ 40 % des cancers sont évitables en agissant sur les facteurs de risque : arrêt du tabac, limitation de l’alcool, maintien d’un poids sain, activité physique et sommeil de qualité. La prévention reste, à ce jour, l’arme la plus efficace contre le cancer.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



