- Le virus Andes présente une létalité de 25 à 40 % selon les données reprises par l’OMS et The Lancet.
- Un voyageur revenu d’Argentine a été diagnostiqué positif au CHU de Limoges, un cas importé rarissime en France.
- La transmission passe surtout par les excréments de rongeurs : prudence redoublée lors des séjours ruraux en Patagonie.
Un chiffre qui donne le ton : le virus Andes affiche une mortalité pouvant atteindre 40 % selon les évaluations reprises par l’Organisation mondiale de la santé. C’est cette souche particulière d’hantavirus Andes qui vient d’être identifiée chez une personne prise en charge au CHU de Limoges, de retour d’un séjour en Argentine. L’information, révélée par Le Populaire du Centre, a de quoi surprendre : ce type d’infection reste exceptionnel sous nos latitudes. Le patient a contracté le virus en Amérique du Sud, région où circulent plusieurs souches d’hantavirus liées aux rongeurs sauvages. Rien n’indique une transmission locale sur le territoire français. Mais l’événement rappelle que les maladies infectieuses voyagent aujourd’hui à la vitesse des avions, et qu’un simple séjour touristique peut ramener dans ses bagages un agent pathogène rarissime en Europe.
Qu’est-ce que le virus Andes, exactement ?
L’hantavirus n’est pas un seul virus mais une famille. On en dénombre plusieurs dizaines à travers le monde, chacune associée à une espèce de rongeur particulière. La souche Andes, elle, sévit principalement en Argentine et au Chili. Elle est portée par un petit rongeur, le Oligoryzomys longicaudatus, très présent dans les zones rurales et forestières de Patagonie.
Une particularité qui inquiète
Ce qui distingue le virus Andes des autres hantavirus, c’est une caractéristique redoutée des infectiologues : il serait le seul hantavirus documenté capable, dans de rares cas, d’une transmission interhumaine. Des travaux publiés dans Emerging Infectious Diseases (CDC) ont décrit des chaînes de contamination de personne à personne lors d’épidémies en Argentine, notamment dans la région d’El Bolsón. Cette exception reste marginale, mais elle explique la vigilance particulière autour de ce cas.
- Réservoir principal : les rongeurs sauvages sud-américains
- Zones à risque : Patagonie argentine et chilienne, zones rurales et boisées
- Période d’incubation : entre 7 et 39 jours selon l’OMS
Comment se transmet l’infection ?

Photo : Stephen Andrews / Pexels
Le mode de contamination le plus courant n’a rien de spectaculaire. Il suffit d’inhaler des particules en suspension issues des déjections, de l’urine ou de la salive de rongeurs infectés. Un cabanon fermé depuis des mois, un grenier poussiéreux, une réserve de bois : autant d’endroits où les excréments séchés peuvent se disperser dans l’air lors d’un balayage ou d’un simple courant d’air.
Les gestes qui exposent
Nettoyer un local resté clos, dormir dans une cabane isolée, camper à proximité de terriers : ces situations concentrent l’essentiel des cas rapportés. Le virus ne se transmet pas par les moustiques, contrairement à d’autres pathologies importées que nous suivons régulièrement, comme le virus du Nil occidental dont la flambée gagne le Sud ou la dengue qui a nécessité une démoustication d’urgence près de Grenoble. Ici, c’est le rongeur et son environnement qui font le danger.
- Aérer longuement avant de nettoyer un local fermé
- Éviter de soulever la poussière à sec : humidifier les surfaces
- Porter gants et masque lors du nettoyage de zones infestées
Quels symptômes et quelle prise en charge ?
Le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus, forme la plus grave provoquée par le virus Andes, débute souvent de manière trompeuse. Fièvre, courbatures, maux de tête, fatigue : rien qui ne distingue au premier abord d’une grippe. C’est ensuite que la situation peut basculer, avec une atteinte pulmonaire brutale et une détresse respiratoire.
Une fenêtre critique
La phase pulmonaire survient généralement 4 à 10 jours après les premiers signes. Selon les données du CDC, la mortalité du syndrome cardio-pulmonaire lié aux hantavirus américains oscille autour de 35 à 40 %. Il n’existe à ce jour aucun traitement antiviral spécifique validé ni vaccin disponible : la prise en charge repose sur les soins de support en réanimation, notamment l’assistance respiratoire. D’où l’importance d’un diagnostic précoce, comme celui posé au CHU de Limoges, qui permet d’orienter rapidement le patient vers une surveillance adaptée.
Au retour d’un séjour en zone endémique, toute fièvre inexpliquée dans les six semaines mérite une consultation en précisant les destinations et les activités pratiquées. Ce réflexe vaut d’ailleurs pour l’ensemble des maladies importées : la médecine des voyageurs insiste sur ce point à chaque saison. Comme nous le rappelions à propos des tensions sur l’accès aux soins dans certains territoires, illustrées par la fin des permanences SOS Médecins à Selongey, un diagnostic rapide dépend aussi de la disponibilité des soignants.
Faut-il s’inquiéter en France ?

Photo : RDNE Stock project / Pexels
Le rongeur vecteur du virus Andes n’existe pas en Europe. Aucun réservoir local ne permet donc au virus de s’installer sur le territoire français. Le cas de Limoges reste un événement importé, isolé, sans risque de propagation communautaire dans les conditions habituelles.
Cela ne signifie pas que l’hantavirus est absent d’Europe. D’autres souches, moins agressives, y circulent : le virus Puumala, transmis par le campagnol roussâtre, provoque chaque année quelques centaines de cas de fièvre hémorragique dans l’est et le nord de la France, avec une létalité très faille, inférieure à 1 %. Rien à voir avec la virulence de la souche sud-américaine. Le grand public n’a donc pas à modifier son quotidien. La vigilance concerne surtout les voyageurs partant en Patagonie et les professionnels exposés aux rongeurs.
Questions fréquentes
Le virus Andes peut-il se propager en France ?
Non, dans les conditions actuelles. Le rongeur réservoir (Oligoryzomys longicaudatus) est absent d’Europe. Le cas diagnostiqué au CHU de Limoges est un cas importé d’Argentine. Le risque de transmission interhumaine existe mais reste exceptionnel selon les données du CDC.
Quels sont les premiers symptômes à surveiller ?
Fièvre, courbatures musculaires, maux de tête et fatigue intense, généralement 7 à 39 jours après l’exposition. La phase grave, avec détresse respiratoire, peut survenir 4 à 10 jours après. Toute fièvre inexpliquée au retour d’un séjour en Patagonie doit faire consulter rapidement.
Existe-t-il un vaccin ou un traitement ?
Non, aucun vaccin ni antiviral spécifique validé n’existe contre l’hantavirus Andes. La prise en charge repose sur les soins de support en réanimation, notamment l’assistance respiratoire. La mortalité du syndrome cardio-pulmonaire atteint 35 à 40 % selon le CDC, ce qui rend le diagnostic précoce déterminant.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



