- Près de 200 millions de personnes sont concernées par la DMLA dans le monde selon l’OMS, dont environ 1,5 million en France.
- L’implant rétinien PRIMA, développé notamment avec l’Institut de la Vision à Paris, a obtenu son marquage CE en Europe pour la forme atrophique de la maladie.
- Dans l’essai clinique PRIMAvera, une majorité de patients ont regagné une acuité visuelle centrale permettant de relire des lettres.
C’est une nouvelle qui redonne espoir à des centaines de milliers de patients : un implant rétinien capable de restaurer une vision centrale vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché en Europe. Baptisé PRIMA, ce minuscule dispositif photovoltaïque se glisse sous la rétine pour compenser la perte des cellules détruites par la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) dans sa forme dite atrophique ou « sèche ». Jusqu’ici, cette variante de la maladie, la plus fréquente, ne disposait d’aucun traitement réellement efficace. Avec près de 200 millions de personnes touchées dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé, et une population vieillissante, l’annonce résonne comme un tournant. Derrière cette prouesse se cache un travail de longue haleine mené par des équipes de recherche françaises et internationales. Décryptage d’une innovation qui pourrait changer le quotidien de milliers de malvoyants.
La DMLA, un fléau silencieux du vieillissement
La dégénérescence maculaire liée à l’âge est la première cause de handicap visuel dans les pays industrialisés après 50 ans. Elle attaque la macula, la zone centrale de la rétine responsable de la vision fine, celle qui permet de lire, reconnaître un visage ou distinguer les détails.
Deux formes bien distinctes
On distingue classiquement deux types de DMLA :
- La forme humide (néovasculaire), caractérisée par la formation de vaisseaux sanguins anormaux, prise en charge depuis une quinzaine d’années par des injections intravitréennes d’anti-VEGF.
- La forme sèche (atrophique), la plus répandue, marquée par une disparition progressive des cellules de la rétine, longtemps restée sans solution thérapeutique satisfaisante.
En France, l’Inserm estime que la DMLA concerne environ 8 % de la population, une proportion qui grimpe à plus de 25 % après 75 ans. Face à ce vieillissement démographique, la recherche d’alternatives est devenue une priorité de santé publique, au même titre que d’autres pathologies liées à l’âge comme celles évoquées dans notre dossier sur les statines après 70 ans et la prévention cardiovasculaire.
PRIMA : comment fonctionne cet implant révolutionnaire

Photo : Ksenia Chernaya / Pexels
Le principe de la prothèse PRIMA repose sur une idée aussi élégante que complexe : remplacer les photorécepteurs détruits par une puce électronique capable de convertir la lumière en signaux nerveux.
Une puce photovoltaïque sous la rétine
Concrètement, le patient est équipé d’un implant de quelques millimètres, glissé chirurgicalement sous la rétine, dans la zone maculaire. Il porte ensuite des lunettes équipées d’une caméra miniature et d’un projecteur infrarouge. Les images captées sont retransmises sous forme de lumière infrarouge vers la puce, qui les transforme en impulsions électriques stimulant les cellules nerveuses encore fonctionnelles.
Ce système a été développé grâce aux travaux pionniers du professeur Daniel Palanker (université de Stanford) et à la collaboration de l’Institut de la Vision à Paris, dirigé par le professeur José-Alain Sahel, figure mondiale de la recherche ophtalmologique. Ce dernier est déjà connu pour ses avancées spectaculaires en optogénétique.
Des résultats cliniques encourageants
L’essai clinique européen PRIMAvera, mené sur plusieurs dizaines de patients atteints de forme atrophique avancée, a livré des résultats déterminants pour l’obtention du marquage CE :
- Une majorité de participants ont retrouvé une capacité à lire des lettres et des mots avec leur vision centrale, auparavant perdue.
- Le gain d’acuité visuelle mesuré atteignait en moyenne plusieurs lignes sur l’échelle standardisée ETDRS utilisée en ophtalmologie.
- La vision périphérique restante, elle, n’était pas altérée par le dispositif, ce qui permet une combinaison des deux perceptions.
Ces chiffres restent à confirmer sur le long terme, mais ils marquent une première mondiale : jamais un implant rétinien n’avait permis une telle récupération fonctionnelle dans cette forme de la maladie.
À qui s’adresse ce traitement et quelles limites ?
L’enthousiasme suscité par cette annonce doit être tempéré par plusieurs réalités pratiques. Cette technologie n’est pas une solution miracle universelle, mais une avancée ciblée.
Un dispositif réservé à certains patients
L’implant PRIMA s’adresse en priorité aux personnes atteintes de forme atrophique avancée, c’est-à-dire ayant déjà perdu leur vision centrale. Il ne concerne donc pas les stades précoces ni la forme humide. La pose nécessite une intervention chirurgicale spécialisée et un apprentissage : le cerveau doit réapprendre à interpréter les signaux transmis, un processus de rééducation qui peut durer plusieurs mois.
Prévention et hygiène de vie restent essentielles
Au-delà de cette prouesse technologique, les spécialistes rappellent que la meilleure arme contre la DMLA demeure la prévention. Plusieurs facteurs de risque sont modifiables :
- Le tabagisme, qui multiplie par 2 à 4 le risque de développer la maladie selon les données de l’Inserm.
- Une alimentation pauvre en antioxydants, en oméga-3 et en lutéine ; à ce titre, notre article sur les poissons riches en oméga-3 rappelle l’intérêt de ces nutriments pour la santé oculaire.
- L’exposition solaire non protégée et le surpoids, qui aggravent le stress oxydatif rétinien.
Adopter une hygiène de vie protectrice, comme le suggèrent nos conseils sur l’équilibre alimentaire et la consommation raisonnée de fruits, reste un levier majeur pour préserver son capital visuel le plus longtemps possible.
Questions fréquentes

Photo : muhammed karagöl / Pexels
L’implant PRIMA guérit-il complètement la DMLA ?
Non. L’implant ne restaure pas une vision normale mais une vision centrale partielle permettant de relire des lettres et des mots. Les patients de l’essai PRIMAvera ont gagné plusieurs lignes d’acuité visuelle, mais la rééducation cérébrale est nécessaire et les résultats varient d’une personne à l’autre. Il s’agit d’une amélioration fonctionnelle, pas d’une guérison.
Qui peut bénéficier de cet implant en France ?
Le dispositif vise les patients atteints de la forme atrophique (sèche) avancée de la DMLA, ayant déjà perdu leur vision centrale. Il ne concerne pas la forme humide ni les stades précoces. La disponibilité concrète en France dépendra désormais du déploiement dans les centres spécialisés et des conditions de remboursement, encore à préciser après ce marquage CE européen.
Comment réduire son risque de DMLA au quotidien ?
Arrêter le tabac est la mesure la plus efficace, le tabagisme multipliant le risque par 2 à 4 selon l’Inserm. Une alimentation riche en oméga-3, lutéine et antioxydants (poissons gras, légumes verts), la protection contre le soleil et le contrôle du poids contribuent aussi à préserver la macula. Un dépistage ophtalmologique régulier après 50 ans permet une prise en charge précoce.
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📚 Sources :
- Source originale — TF1 Info / Fréquence médicale
- Institut de la Vision (Sorbonne Université / Inserm / CNRS) — travaux du Pr José-Alain Sahel sur les prothèses rétiniennes
- Organisation mondiale de la santé (OMS) — Rapport mondial sur la vision
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



