- Des chercheurs lillois ont identifié un gène rare multipliant par 10 le risque d’Alzheimer (Inserm, Institut Pasteur de Lille).
- La maladie touche environ 1,2 million de personnes en France, un chiffre appelé à doubler d’ici 2050.
- La découverte ouvre la voie à un dépistage génétique ciblé et à de futures thérapies personnalisées.
Longtemps, on a cru l’Alzheimer héréditaire réservé à quelques familles rares. La réalité est plus nuancée. Une équipe de l’Institut Pasteur de Lille et de l’Inserm vient de mettre au jour un gène dont certaines mutations multiplient par dix le risque de développer la maladie. C’est considérable. Pour donner un ordre d’idée, le fameux gène ApoE4, jusqu’ici la principale cible génétique connue, augmente le risque d’un facteur trois à quatre. Ce nouveau gène Alzheimer change donc la donne pour comprendre pourquoi certains cerveaux s’effondrent plus tôt que d’autres. La maladie concerne aujourd’hui près de 1,2 million de Français selon l’Inserm, avec 225 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Derrière ces chiffres, des familles épuisées, des diagnostics tardifs, un manque de traitements efficaces. Cette avancée lilloise ne guérit personne demain matin. Mais elle éclaire un mécanisme resté dans l’ombre.
Ce que les chercheurs lillois ont réellement trouvé
L’équipe pilotée par les généticiens de Lille travaille depuis des années sur les formes héréditaires de la maladie. En comparant l’ADN de milliers de patients à celui de personnes non atteintes, ils ont repéré des variations rares dans un gène jusqu’ici sous-estimé. Ces mutations, présentes chez une minorité de la population, s’accompagnent d’un risque nettement plus élevé de voir apparaître les premiers signes de démence.
Un facteur de risque, pas une fatalité
Il faut le dire clairement : porter cette mutation ne condamne à rien. On parle de probabilité, pas de destin scellé. Le risque décuplé signifie que, sur une population de porteurs, beaucoup plus développeront la maladie que dans la population générale. Mais l’environnement, le mode de vie, d’autres gènes protecteurs entrent en jeu.
- Le gène ApoE4 reste le déterminant génétique le plus fréquent, présent chez près de 20 % de la population selon l’Inserm.
- Les formes purement héréditaires précoces représentent moins de 1 % des cas.
- La grande majorité des Alzheimer sont dits « sporadiques », résultat d’une combinaison de facteurs.
Pourquoi Lille est en pointe
L’Institut Pasteur de Lille abrite l’une des plus grandes cohortes européennes dédiées à la génétique de l’Alzheimer. Cet ancrage explique pourquoi ces équipes reviennent régulièrement dans les publications de référence, souvent aux côtés de consortiums internationaux. Le travail d’analyse génomique sur de telles quantités de données demande des années et une puissance de calcul considérable.
Ce que cela change pour le dépistage et la recherche

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Identifier un gène à haut risque, c’est ouvrir une porte. Deux, en réalité. La première concerne le dépistage. Repérer les personnes porteuses permettrait, à terme, de les suivre plus étroitement, de proposer des mesures préventives avant l’apparition des symptômes.
Vers une médecine anticipatrice
Les neurologues insistent depuis longtemps : plus le diagnostic est précoce, mieux on peut ralentir la progression. La question de la préservation cognitive rejoint d’ailleurs celle du vieillissement de l’esprit face au corps, un champ où prévention et hygiène de vie pèsent lourd.
- Activité physique régulière : la marche réduit le déclin cognitif, comme le rappellent les données sur le pouvoir de la marche.
- Sommeil de qualité : un cerveau mal reposé élimine moins bien les protéines toxiques.
- Contrôle des facteurs vasculaires : hypertension et diabète aggravent le risque.
De nouvelles cibles thérapeutiques
La seconde porte, c’est le médicament. Comprendre la fonction précise de ce gène offre aux laboratoires une cible inédite. Les traitements récents comme le lecanemab, qui s’attaque aux plaques amyloïdes, montrent des résultats modestes. Trouver d’autres leviers biologiques devient vital. Chaque gène décrypté est une clé potentielle vers une molécule.
Faut-il se faire tester ? La question qui dérange
Beaucoup de lecteurs, en apprenant l’existence d’un tel gène, voudront savoir s’ils le portent. La réponse des généticiens est prudente. Tester un gène sans traitement curatif disponible pose de vraies questions éthiques et psychologiques.
Le poids d’un résultat
Apprendre qu’on porte une mutation à haut risque peut générer une angoisse durable, parfois sans bénéfice concret. C’est pourquoi les tests génétiques restent, en France, strictement encadrés et réservés à des contextes précis, généralement en présence d’antécédents familiaux marqués et après conseil génétique.
- Le test n’est proposé qu’à l’issue d’une consultation spécialisée.
- Un accompagnement psychologique est systématiquement associé.
- Aucun dépistage de masse n’est envisagé aujourd’hui.
Ce débat n’est pas propre à l’Alzheimer. Il traverse toute la médecine prédictive, du cancer à certaines maladies neurologiques rares, comme on le voit dans le suivi de pathologies telles que la maladie de Charcot.
Questions fréquentes

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Ce gène signifie-t-il que je vais forcément développer Alzheimer ?
Non. Un risque multiplié par dix reste une probabilité, pas une certitude. Le mode de vie, l’environnement et d’autres gènes modulent fortement l’apparition de la maladie. Selon l’Inserm, la grande majorité des cas résultent d’une combinaison de facteurs, non d’un seul gène.
Peut-on se faire tester en France ?
Les tests génétiques liés à l’Alzheimer sont strictement encadrés. Ils ne sont proposés qu’en présence d’antécédents familiaux évocateurs, après une consultation de conseil génétique et avec un accompagnement psychologique. Aucun dépistage de masse n’existe, faute de traitement curatif.
Comment réduire son risque au quotidien ?
Plusieurs leviers sont documentés : activité physique régulière, sommeil réparateur, alimentation équilibrée, contrôle de la tension et de la glycémie, stimulation intellectuelle et vie sociale active. L’OMS estime qu’environ 40 % des cas de démence pourraient être retardés ou évités en agissant sur ces facteurs modifiables.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



