- Près de 45 000 nouveaux cas de cancers du sang chaque année en France (Institut national du cancer)
- L’hôpital Bretonneau à Tours et la tour Eiffel s’illuminent en rouge pour Septembre rouge
- Le don de moelle osseuse reste crucial : seuls 350 000 donneurs inscrits en France pour un besoin bien plus large
En septembre, plusieurs monuments et établissements de santé se parent d’une couleur inhabituelle. À Tours, la façade de l’hôpital Bretonneau vire au rouge, tandis qu’à Paris, la tour Eiffel scintille brièvement dans la même teinte. Ce n’est pas un hasard : ces illuminations marquent Septembre rouge, la campagne nationale de sensibilisation aux cancers du sang. Avec près de 45 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France selon l’Institut national du cancer, ces maladies — leucémies, lymphomes, myélomes — figurent parmi les plus fréquentes, mais restent paradoxalement dans l’angle mort de l’opinion publique. Contrairement au cancer du sein ou de la prostate, elles ne bénéficient pas encore d’une reconnaissance grand public à la hauteur de leur impact. Cette mobilisation collective, portée par les CHU de Tours et de Nantes, vise justement à changer la donne.
Pourquoi les hôpitaux se colorent-ils en rouge ?
La symbolique du rouge n’est pas anodine. Elle renvoie directement au sang, tissu vital touché par ces cancers. En illuminant leurs façades, les établissements de santé cherchent à créer un choc visuel capable d’attirer l’attention.
Une dynamique communautaire à Tours et Nantes
Le CHU de Nantes a lancé une campagne pour « rendre visibles » ces maladies, selon les termes rapportés par Hospimedia. À Tours, l’hôpital Bretonneau rejoint ce mouvement en septembre. L’idée dépasse la simple opération de communication : il s’agit d’enclencher une véritable dynamique communautaire autour des patients, des familles et des soignants.
- Illumination de bâtiments publics et de monuments emblématiques
- Actions de solidarité relayées jusque dans les commerces de proximité — à Marbache, un bar-tabac participe même à la mobilisation
- Ateliers d’information sur le don de moelle osseuse et de plaquettes
Ce maillage territorial, des grands CHU jusqu’aux villages, illustre combien la sensibilisation santé repose sur des relais locaux. Comme pour d’autres pathologies silencieuses, l’enjeu du repérage des signaux d’alerte reste central.
Cancers du sang : de quoi parle-t-on exactement ?

Photo : https://kaboompics.com/ / Pexels
Sous l’appellation « cancers du sang » se cache une famille hétérogène de maladies. Elles se développent dans la moelle osseuse, les ganglions lymphatiques ou le système immunitaire.
Trois grandes familles
- Les leucémies : prolifération anormale de globules blancs, aiguës ou chroniques
- Les lymphomes : cancers du système lymphatique (Hodgkin et non-hodgkiniens), les plus fréquents des hémopathies malignes
- Les myélomes : atteinte des plasmocytes dans la moelle osseuse
Selon la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, les hémopathies malignes représentent environ 10 % de l’ensemble des cancers en France. Certaines formes touchent des enfants — la leucémie aiguë lymphoblastique est d’ailleurs le cancer pédiatrique le plus courant, d’après l’Institut national du cancer.
Les symptômes sont souvent trompeurs : fatigue persistante, sueurs nocturnes, fièvre inexpliquée, ganglions gonflés. Ces signes bénins en apparence peuvent masquer une pathologie grave, un peu comme certains troubles digestifs banals qui cachent parfois une maladie plus sérieuse. D’où l’importance de consulter face à des symptômes qui durent.
Le don de moelle osseuse, enjeu vital
Au cœur de Septembre rouge, un message revient inlassablement : la nécessité de recruter de nouveaux donneurs. Pour de nombreux patients atteints de leucémie, la greffe de moelle osseuse constitue le seul espoir de guérison.
Un besoin encore mal couvert
Selon l’Agence de la biomédecine, la France compte environ 350 000 donneurs de moelle osseuse inscrits sur le registre national, un chiffre encore insuffisant face aux besoins. La compatibilité entre donneur et receveur est en effet extrêmement complexe : elle repose sur un système génétique appelé HLA.
- Seule 1 personne sur 1 million peut être compatible avec un patient donné, hors fratrie
- Le profil recherché : donneurs jeunes, en bonne santé, et notamment des hommes qui restent minoritaires sur le registre
- L’inscription se fait dès 18 ans et jusqu’à 35 ans, via un simple prélèvement
Contrairement aux idées reçues, le don de moelle osseuse se réalise le plus souvent par prélèvement dans le sang, sans intervention lourde. Cette générosité s’inscrit dans une logique de prévention active, comparable aux efforts de soutien aux malades chroniques que l’on retrouve dans d’autres pathologies.
Des progrès thérapeutiques réels

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Si les cancers du sang restent redoutables, la recherche a considérablement fait évoluer le pronostic. Les immunothérapies, notamment les cellules CAR-T, ont révolutionné la prise en charge de certaines leucémies et lymphomes réfractaires.
D’après des travaux publiés dans The Lancet Oncology, les taux de survie à cinq ans de plusieurs lymphomes dépassent désormais 70 %, contre des chiffres bien plus sombres il y a trois décennies. Les CHU comme Nantes et Tours jouent un rôle moteur dans ces avancées, en associant soins de pointe et essais cliniques. La sensibilisation de septembre vise aussi à financer cette recherche, en mobilisant le public autour de dons.
Questions fréquentes
Comment reconnaître les premiers signes d’un cancer du sang ?
Les symptômes les plus fréquents incluent une fatigue inhabituelle, des sueurs nocturnes, une fièvre persistante, des ganglions gonflés, des saignements ou ecchymoses inexpliqués. Ces signes étant peu spécifiques, seule une consultation médicale avec analyse sanguine permet de poser un diagnostic. La fatigue durable au-delà de quelques semaines mérite un avis.
Qui peut donner sa moelle osseuse ?
Toute personne âgée de 18 à 35 ans à l’inscription, en bonne santé, peut devenir donneuse selon l’Agence de la biomédecine. L’inscription se fait après un entretien et un simple prélèvement pour typage HLA. Le don effectif, s’il survient un jour, se réalise majoritairement par prélèvement sanguin. On reste inscrit sur le registre jusqu’à 60 ans.
Pourquoi la tour Eiffel s’illumine-t-elle en rouge en septembre ?
Ce scintillement rouge marque symboliquement la campagne Septembre rouge dédiée aux cancers du sang. Comme l’illumination de l’hôpital Bretonneau à Tours, cette action vise à rendre visibles des maladies souvent méconnues et à encourager le don de moelle osseuse. La couleur rouge fait directement référence au sang, tissu concerné par ces pathologies.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



