- Touring a rapatrié 559 personnes en juillet, avec une nette hausse des demandes d’assistance depuis l’étranger.
- L’ECDC alerte : les vagues de chaleur en Europe favorisent la circulation des maladies infectieuses (arboviroses, bactéries aquatiques).
- Une règle simple à retenir : ne jamais nager avec une plaie ouverte dans une eau chaude, propice aux infections bactériennes.
Les chiffres tombent et ils interpellent. En juillet, l’assisteur belge Touring a procédé au rapatriement de 559 personnes et constaté un bond des demandes d’assistance vacances chaleur émises depuis l’étranger. Derrière ces statistiques, une réalité que les médecins urgentistes observent chaque été : le mercure grimpe, et avec lui les malaises, les déshydratations et les infections qui transforment un séjour de rêve en course contre la montre médicale. Le phénomène n’est pas anecdotique. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) confirme que les épisodes caniculaires récurrents en Europe alimentent la propagation des maladies infectieuses. Pour les millions de vacanciers qui se pressent vers le sud, la chaleur n’est plus un simple inconfort : elle devient un facteur de risque sanitaire à part entière, qu’il convient d’anticiper avant même de boucler ses valises.
Pourquoi les demandes d’assistance explosent en été
Le rapport de Touring dessine un tableau clair : les imprévus de santé arrivent en tête des motifs d’intervention à l’étranger, devant les pannes automobiles. Cette concentration estivale n’a rien d’un hasard.
La chaleur, premier déclencheur de malaises
Lorsque le corps est exposé à des températures extrêmes, ses mécanismes de thermorégulation saturent. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que les vagues de chaleur figurent parmi les risques climatiques les plus meurtriers, avec des dizaines de milliers de décès attribués à la canicule chaque année en Europe. Les personnes âgées, les enfants en bas âge et les malades chroniques paient le plus lourd tribut.
- Déshydratation : accélérée par l’alcool, l’effort et la climatisation intermittente.
- Coups de chaleur : urgence vitale au-delà de 40 °C de température corporelle.
- Décompensations cardiaques : la chaleur augmente la charge de travail du cœur.
Ces situations débouchent fréquemment sur une hospitalisation loin de chez soi, puis sur un rapatriement organisé. Pour les personnes concernées par l’hypertension, la vigilance doit être renforcée : nous avions détaillé dans notre article sur l’hypertension après 50 ans combien la chaleur peut déstabiliser une tension déjà fragile.
Un contexte de mobilité record
La reprise du tourisme international multiplie mécaniquement les cas. Plus de départs signifie plus d’exposition à des environnements sanitaires différents, des climats plus rudes et des systèmes de soins parfois moins accessibles pour un étranger.
Chaleur et maladies infectieuses : l’alerte de l’ECDC

Photo : Maár Péter / Pexels
Au-delà des malaises directs, c’est la dimension infectieuse qui inquiète les autorités sanitaires européennes. L’ECDC souligne que le réchauffement modifie durablement la carte des risques.
L’expansion des vecteurs
Les moustiques du genre Aedes, vecteurs de la dengue, du chikungunya et du virus Zika, colonisent désormais des régions européennes autrefois épargnées. L’ECDC a recensé ces dernières années une augmentation notable des cas autochtones de dengue transmis sur le sol européen, un phénomène quasi inexistant il y a deux décennies. La chaleur raccourcit le cycle de reproduction des insectes et accélère la maturation des virus qu’ils transportent.
La protection contre les piqûres devient donc un réflexe essentiel, y compris en Europe. Nos conseils sur les gestes qui protègent des moustiques et des tiques gardent toute leur pertinence, chez soi comme sur le lieu de vacances.
Les bactéries qui prolifèrent dans l’eau chaude
Autre menace mise en avant par plusieurs agences : les infections liées à la baignade en eau chaude. Lorsque la température de l’eau augmente, certaines bactéries prolifèrent, notamment les Vibrio, présents dans les eaux saumâtres et côtières. Ces micro-organismes peuvent pénétrer l’organisme par la moindre plaie ouverte.
- Règle d’or : ne jamais nager avec une coupure, une écorchure ou une plaie récente.
- Nettoyer et protéger toute lésion cutanée avant et après la baignade.
- Consulter rapidement en cas de rougeur, gonflement ou fièvre après un bain en mer chaude.
Les infections à Vibrio vulnificus, bien que rares, peuvent évoluer très vite vers une fasciite nécrosante potentiellement mortelle. La prudence n’est donc pas superflue.
Comment protéger ses vacances : les gestes qui comptent
Anticiper reste la meilleure stratégie. Quelques mesures simples réduisent drastiquement le risque de voir son séjour interrompu par un problème de santé.
Avant le départ
- Vérifier la couverture de son assurance rapatriement et ses plafonds.
- Emporter une trousse de premiers soins avec pansements imperméables et antiseptique.
- Faire le point avec son médecin sur ses traitements en cas de maladie chronique.
Attention également aux interactions médicamenteuses accentuées par la chaleur : certains traitements diurétiques ou psychotropes majorent le risque de déshydratation. Notre dossier sur la liste des médicaments à surveiller peut aider à en discuter avec un professionnel avant le départ.
Sur place
- S’hydrater régulièrement, avant même la sensation de soif.
- Éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes (11 h – 16 h).
- Privilégier les vêtements amples, clairs et respirants.
- Rester au frais durant les pics de chaleur, en particulier pour les publics fragiles.
Ces réflexes, banals en apparence, constituent la première ligne de défense contre les urgences estivales qui saturent les assisteurs.
Questions fréquentes

Photo : K / Pexels
Combien de personnes Touring a-t-il rapatriées en juillet ?
Selon les données communiquées par l’assisteur belge Touring, 559 personnes ont été rapatriées durant le mois de juillet, dans un contexte de forte hausse des demandes d’assistance depuis l’étranger, largement attribuée aux vagues de chaleur.
Peut-on vraiment attraper une infection en nageant avec une plaie ?
Oui. Les eaux chaudes, notamment saumâtres et côtières, favorisent la prolifération de bactéries comme les Vibrio. Elles peuvent pénétrer par une plaie ouverte et provoquer des infections graves. Il est fortement recommandé de ne pas se baigner avec une coupure ou une écorchure non protégée.
La chaleur augmente-t-elle vraiment les maladies infectieuses en Europe ?
L’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) confirme que le réchauffement favorise l’expansion des moustiques vecteurs et la circulation de virus comme la dengue et le chikungunya, avec une hausse des cas autochtones enregistrés sur le sol européen ces dernières années.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



