- Plus de 50 % des adultes polynésiens sont obèses, selon le dernier bilan de la Direction de la santé de Polynésie française.
- L’obésité s’accompagne d’une flambée du diabète de type 2 et de l’hypertension artérielle, qui continuent de progresser.
- Les autorités misent sur la taxation des produits sucrés, l’éducation nutritionnelle et le retour aux aliments locaux pour enrayer le phénomène.
Le constat est brutal : en Polynésie française, plus d’un adulte sur deux est aujourd’hui en situation d’obésité. C’est ce que révèle le dernier bilan de santé publié par les autorités locales, relayé par Outre-mer La 1ère et Europe 1. Un chiffre qui place l’archipel parmi les territoires les plus touchés de la planète par cette maladie chronique. Derrière ces pourcentages vertigineux, une réalité humaine faite de diabète précoce, d’hypertension et de vies écourtées. L’obésité en Polynésie française n’est pas une fatalité génétique ou culturelle : elle est le produit d’une transition alimentaire brutale, amorcée en quelques décennies. Comment un peuple dont l’alimentation reposait historiquement sur le poisson, les tubercules et les fruits en est-il arrivé là ? Et surtout, comment inverser une courbe qui semble s’emballer année après année ?
Une épidémie chiffrée qui dépasse l’entendement
Les données du dernier bilan sanitaire polynésien dressent un tableau préoccupant. Au-delà des 50 % d’adultes obèses, ce sont les maladies associées qui inquiètent le plus les professionnels de santé locaux. Le diabète de type 2, l’hypertension artérielle et les pathologies cardiovasculaires suivent une trajectoire ascendante continue.
Un cocktail de maladies chroniques
- Obésité : plus de la moitié de la population adulte, selon la Direction de la santé de Polynésie française.
- Diabète et hypertension : en augmentation constante, avec des diagnostics de plus en plus précoces.
- Comparaison mondiale : selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’obésité a presque triplé dans le monde depuis 1975, mais les îles du Pacifique figurent systématiquement en tête des classements.
À titre de repère, l’OMS considère qu’un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30 signe l’obésité. Or les enquêtes menées dans le Pacifique Sud, notamment publiées dans The Lancet, montrent que plusieurs archipels dépassent régulièrement les 40 à 50 % de prévalence, contre environ 17 % en France métropolitaine selon l’INSERM et l’enquête Obépi-Roche.
Aux racines du mal : la transition alimentaire

Photo : Eli Fransen / Pexels
Comment expliquer une telle envolée ? Les chercheurs s’accordent sur un basculement historique. En l’espace de deux générations, l’alimentation polynésienne traditionnelle — riche en poisson frais, en tubercules comme le taro et l’igname, en fruits et en produits peu transformés — a cédé la place à une nourriture importée, ultra-transformée et calorique.
Le poids des importations
- Produits gras et sucrés : viandes grasses importées, sodas, aliments industriels riches en sucres ajoutés ont envahi les rayons.
- Coût de l’alimentation locale : paradoxalement, les produits frais locaux deviennent parfois plus chers que les conserves importées.
- Sédentarité croissante : l’urbanisation et la motorisation ont réduit l’activité physique quotidienne.
Ce phénomène rejoint une problématique universelle : le lien entre notre assiette et notre santé globale. Comme nous l’expliquions dans notre article sur le lien entre alimentation et humeur, la qualité de ce que nous mangeons influence bien au-delà du tour de taille : elle touche le cerveau, l’énergie et le moral. Une alimentation dégradée n’affecte pas seulement le corps, elle pèse aussi sur l’équilibre psychologique.
Enrayer le phénomène : les leviers activés
Face à cette urgence, les autorités polynésiennes ne restent pas les bras croisés. Plusieurs stratégies, inspirées de recommandations de l’OMS, sont progressivement déployées pour tenter de renverser la vapeur.
Taxation, prévention et retour aux sources
- Taxes sur les produits sucrés : à l’image de ce qui se pratique déjà sur les sodas et boissons sucrées, pour dissuader la surconsommation.
- Éducation nutritionnelle : campagnes de sensibilisation dès l’école pour réapprendre les bases d’une alimentation équilibrée.
- Valorisation des produits locaux : encourager la pêche, l’agriculture vivrière et le retour aux aliments traditionnels moins transformés.
- Promotion de l’activité physique : car bouger reste un pilier incontournable de la prévention.
Sur ce dernier point, il n’est jamais trop tard pour se remettre en mouvement. Nombreux sont ceux qui pensent l’exercice réservé aux plus jeunes, alors que reprendre une activité à l’âge adulte offre des bénéfices majeurs, comme nous le détaillons dans notre guide sur la reprise du fitness après 35 ans. L’essentiel n’est pas la performance, mais la régularité.
Enfin, l’hydratation joue un rôle sous-estimé dans la gestion du poids. Remplacer les boissons sucrées par de l’eau constitue l’un des gestes les plus simples et efficaces, un sujet que nous avons abordé dans notre dossier sur le rôle de l’eau dans la perte de poids.
Questions fréquentes

Photo : Matheus Bertelli / Pexels
Pourquoi l’obésité est-elle si élevée dans le Pacifique ?
La combinaison d’une transition alimentaire rapide vers des produits importés ultra-transformés, d’une baisse de l’activité physique liée à l’urbanisation, et de facteurs socio-économiques rendant l’alimentation locale coûteuse explique en grande partie cette prévalence. Selon l’OMS, plusieurs archipels du Pacifique dépassent 40 à 50 % d’obésité chez les adultes, contre environ 17 % en France métropolitaine (données INSERM/Obépi).
L’obésité entraîne-t-elle toujours du diabète ?
Non, mais elle en augmente très fortement le risque. L’excès de masse grasse, notamment abdominale, favorise l’insulino-résistance, mécanisme central du diabète de type 2. Le bilan sanitaire polynésien confirme cette corrélation : diabète et hypertension progressent parallèlement à l’obésité. Une perte de poids, même modérée (5 à 10 %), réduit significativement ce risque selon les recommandations internationales.
Peut-on inverser la tendance à l’échelle d’une population ?
Oui, mais cela demande des politiques publiques structurelles. La taxation des boissons sucrées a montré son efficacité dans plusieurs pays selon l’OMS. Combinée à l’éducation nutritionnelle, à la valorisation des aliments locaux et à la promotion de l’activité physique, elle peut infléchir les courbes sur le long terme. Le changement individuel seul ne suffit pas : c’est l’environnement alimentaire global qu’il faut transformer.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



