- Selon le Health Survey for England, le taux d’obésité chez les adultes est passé de 15 % en 1993 à près de 29 % aujourd’hui.
- La cause majeure identifiée : l’explosion des aliments ultra-transformés, qui représentent désormais plus de 50 % des apports caloriques au Royaume-Uni.
- Réduire de moitié la part d’aliments ultra-transformés dans son assiette suffit à faire baisser significativement le risque de surpoids.
Le chiffre a de quoi glacer les épidémiologistes britanniques : le taux d’obésité en Angleterre a doublé en trente ans, bondissant de 15 % des adultes en 1993 à près de 29 % aujourd’hui, selon les données du Health Survey for England relayées par plusieurs médias dont CNews. Autrement dit, près d’un adulte anglais sur trois est aujourd’hui en situation d’obésité, sans compter les personnes en surpoids qui portent le total à deux tiers de la population adulte. Ce basculement n’est pas un simple accident statistique : il raconte la transformation radicale de notre rapport à l’alimentation, au mouvement et au temps. Derrière ces pourcentages se cachent des millions de trajectoires individuelles, des diabètes de type 2, des maladies cardiovasculaires et des cancers évitables. Comprendre les ressorts de cette épidémie, c’est aussi se donner les moyens d’agir, en Angleterre comme en France, où la tendance suit une pente comparable.
Trente ans de bascule alimentaire
Une progression continue et documentée
Le Health Survey for England, mené chaque année depuis le début des années 1990, offre l’une des séries de données les plus fiables au monde sur l’évolution du poids d’une population. Les résultats sont sans appel : en 1993, environ 15 % des adultes étaient obèses (indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30). Trois décennies plus tard, ce chiffre approche les 29 %. L’OMS classe désormais l’obésité parmi les principales menaces sanitaires du XXIᵉ siècle, la reliant à au moins treize types de cancers.
Le rôle central des aliments ultra-transformés
Les chercheurs pointent un coupable de premier plan : les aliments ultra-transformés (AUT). Une étude publiée dans The Lancet et des travaux menés par l’équipe du professeur Carlos Monteiro (Université de São Paulo), inventeur de la classification NOVA, ont démontré leur rôle dans la prise de poids. Au Royaume-Uni, ces produits — plats préparés, sodas, snacks industriels, céréales sucrées — représentent aujourd’hui plus de 50 % des apports caloriques quotidiens, l’un des taux les plus élevés d’Europe.
- Ces aliments sont conçus pour être hyperpalatables, contournant les signaux naturels de satiété.
- Ils sont souvent moins chers que les produits frais, aggravant les inégalités sociales de santé.
- Une étude d’intervention du National Institutes of Health (Dr Kevin Hall) a montré que les volontaires consommaient en moyenne 500 calories de plus par jour avec un régime ultra-transformé.
Sédentarité, environnement et inégalités

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Un mode de vie qui immobilise
La deuxième grande cause est la réduction drastique de l’activité physique quotidienne. Le travail de bureau, les transports motorisés et le temps d’écran ont profondément modifié notre dépense énergétique. Contrairement à une idée reçue, atteindre un objectif chiffré de pas n’est pas une solution miracle : nous avions d’ailleurs analysé le mythe des 10 000 pas, né d’un slogan publicitaire. Le véritable enjeu réside dans un mode de vie globalement plus actif, réparti sur toute la journée.
Les inégalités sociales, un facteur aggravant
L’obésité en Angleterre n’est pas répartie de manière homogène. Les données du Health Survey for England montrent une prévalence nettement plus forte dans les quartiers les plus défavorisés. Le prix des aliments sains, l’accès limité aux commerces de qualité et le stress chronique constituent un cocktail délétère. Le stress, justement, joue un rôle sous-estimé : le cortisol favorise le stockage des graisses abdominales et pousse au grignotage émotionnel. Un phénomène que nous détaillons dans notre dossier sur le burnout silencieux et ses signes ignorés.
Quels leviers pour inverser la tendance ?
Repenser l’assiette avant tout
La bonne nouvelle, c’est que ces mécanismes sont réversibles. Les experts s’accordent sur une priorité : réduire la part d’aliments ultra-transformés au profit d’aliments bruts ou peu transformés. Quelques ajustements concrets font une différence mesurable :
- Privilégier les protéines et les fibres au petit-déjeuner pour prolonger la satiété — un principe que nous avons exploré avec les œufs, allié anti-graisse abdominale.
- Cuisiner davantage à partir d’ingrédients frais, même simplement.
- Limiter les boissons sucrées, principale source de calories liquides invisibles.
Des politiques publiques déterminantes
Au-delà des choix individuels, l’Angleterre a mis en place plusieurs mesures : taxe sur les boissons sucrées (Soft Drinks Industry Levy, 2018), affichage calorique obligatoire dans les grandes chaînes de restauration et restrictions sur la publicité alimentaire destinée aux enfants. Public Health England estime que la taxe sur les sodas a permis de retirer l’équivalent de 45 000 tonnes de sucre du marché annuel. Ces dispositifs illustrent qu’une action structurelle est indispensable pour compléter les efforts personnels.
Questions fréquentes

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Pourquoi l’obésité a-t-elle doublé si vite en Angleterre ?
La conjonction de plusieurs facteurs explique ce doublement de 15 % à 29 % en trente ans : l’omniprésence des aliments ultra-transformés (plus de 50 % des calories), la chute de l’activité physique quotidienne, les inégalités sociales et le stress chronique. Aucun facteur unique n’est responsable, mais l’environnement alimentaire moderne joue un rôle central selon le Health Survey for England.
La France est-elle concernée par la même tendance ?
Oui. Selon l’INSERM et l’étude Obépi-Roche, environ 17 % des adultes français sont obèses et 47 % en surpoids ou obèses. La progression est plus lente qu’au Royaume-Uni, mais la trajectoire reste ascendante, portée par des causes similaires : sédentarité et aliments transformés.
Peut-on perdre du poids durablement après une prise importante ?
Oui, mais cela demande une approche progressive et globale. Les régimes restrictifs échouent souvent car ils déclenchent des mécanismes de compensation. Mieux vaut réduire durablement les aliments ultra-transformés, augmenter l’activité quotidienne et gérer le stress. Attention toutefois aux blocages : nous avons recensé les erreurs à éviter face à un plateau de perte de poids.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



