- Selon l’INSERM, environ 900 000 personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer en France, un chiffre qui pourrait atteindre 1,3 million en 2050.
- Des tests moteurs et cognitifs simples permettent de repérer précocement certains signaux d’alerte, avant même l’apparition de symptômes évidents.
- Un résultat inhabituel n’a rien d’un diagnostic : seul un neurologue peut évaluer réellement vos facultés cognitives.
Un geste réalisé en quelques secondes suffirait à donner un premier aperçu du fonctionnement de votre cerveau. C’est le message porté par un neurologue dont la méthode fait parler d’elle : demander au patient d’exécuter une séquence de mouvements précis, puis observer sa fluidité et sa coordination. Derrière cette simplicité apparente se cache une réalité préoccupante : selon l’INSERM, près de 900 000 personnes vivent aujourd’hui avec la maladie d’Alzheimer en France, et un cas sur deux ne serait pas diagnostiqué. Or, le repérage précoce d’un trouble des facultés cognitives peut transformer la prise en charge. Ce test ne remplace évidemment aucun examen médical, mais il illustre une idée essentielle : notre cerveau envoie des signaux bien avant que la mémoire ne flanche véritablement. Encore faut-il savoir les écouter et consulter au bon moment.
En quoi consiste ce fameux test cognitif ?
Le principe repose sur ce que les neurologues appellent les tests de séquences motrices. L’idée n’est pas nouvelle : elle s’inspire de tests validés utilisés en consultation depuis des décennies, comme la séquence de Luria, du nom du célèbre neuropsychologue russe Alexandre Luria.
Le principe de la séquence gestuelle
On demande au patient de reproduire une suite de gestes de la main — par exemple poing, tranche, paume — de façon répétée et fluide. Ce mouvement, apparemment banal, mobilise plusieurs régions cérébrales simultanément :
- Le lobe frontal, siège de la planification et de l’organisation des mouvements ;
- Les circuits de la coordination motrice ;
- La mémoire de travail, sollicitée pour maintenir la séquence en tête.
Une personne dont les fonctions exécutives sont altérées peut buter, inverser l’ordre, ou perdre le rythme. Ces micro-anomalies, invisibles dans la vie courante, deviennent visibles dans l’exercice.
Ce que le geste révèle vraiment
Attention toutefois : réussir ou échouer à ce test ne signifie rien de définitif. Le stress, la fatigue ou un simple manque d’habitude peuvent perturber le résultat. Comme le rappellent les spécialistes, ces gestes sont des outils d’orientation, pas des verdicts. Ils servent à alerter, à inciter à consulter, jamais à poser un diagnostic. C’est un peu comme le fond d’œil, cette fenêtre qui trahit vos maladies : un indice précieux, à confirmer par des examens approfondis.
Pourquoi le dépistage précoce change tout

Photo : Vitaly Gariev / Pexels
La bataille contre les troubles neurodégénératifs se joue en amont. Plus un trouble cognitif est repéré tôt, plus les leviers d’action sont nombreux.
Un cerveau qui change en silence
Les recherches en neurologie sont formelles : les modifications cérébrales liées à Alzheimer débutent parfois quinze à vingt ans avant les premiers symptômes visibles. C’est ce que confirment de nombreux travaux montrant que dès 50 ans, le cerveau change en silence. Selon l’INSERM, la maladie d’Alzheimer représente à elle seule environ 70 % des cas de démence, une proportion considérable qui justifie l’attention portée au repérage précoce.
Des chiffres qui donnent le vertige
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 55 millions de personnes vivent avec une forme de démence dans le monde, avec près de 10 millions de nouveaux cas chaque année. En France :
- Environ 900 000 personnes concernées par Alzheimer (INSERM) ;
- Un chiffre qui pourrait grimper à 1,3 million en 2050 avec le vieillissement de la population ;
- Un cas sur deux non diagnostiqué, selon plusieurs sociétés savantes de neurologie.
Ces données rappellent l’importance de rester attentif aux signaux faibles, même lorsqu’on se sent parfaitement bien.
Protéger son cerveau au quotidien : ce qui fonctionne
Bonne nouvelle : si l’on ne peut pas encore guérir ces maladies, on peut agir sur de nombreux facteurs de risque modifiables. La revue The Lancet, dans sa commission dédiée à la démence, estime que près de 40 % des cas pourraient être évités ou retardés en agissant sur douze facteurs de risque.
Les leviers validés par la science
- L’activité physique : la marche régulière stimule l’oxygénation cérébrale et la neuroplasticité. On sous-estime d’ailleurs largement le pouvoir de la marche sur la santé globale ;
- Le sommeil : c’est pendant la nuit que le cerveau élimine certaines protéines toxiques ;
- La stimulation intellectuelle : lecture, apprentissage, interactions sociales ;
- L’alimentation : le régime méditerranéen est associé à un meilleur maintien cognitif ;
- Le contrôle des facteurs cardiovasculaires : hypertension, diabète, cholestérol.
Le rôle des activités cérébrales
Contrairement aux idées reçues, certaines activités numériques ne sont pas nécessairement néfastes. Une étude bouscule les idées reçues sur les jeux vidéo et le cerveau, montrant que la stimulation cognitive peut prendre des formes inattendues. L’essentiel reste de solliciter régulièrement ses fonctions mentales, quelle que soit la méthode.
Questions fréquentes

Photo : Vitaly Gariev / Pexels
Ce test suffit-il à savoir si j’ai un problème cognitif ?
Non, absolument pas. Un test gestuel comme la séquence de Luria est un simple outil d’orientation utilisé par les neurologues au sein d’un examen bien plus complet. Un résultat inhabituel peut être lié à la fatigue, au stress ou au manque d’habitude. Seul un bilan neurologique complet, incluant tests neuropsychologiques et parfois imagerie cérébrale, permet un diagnostic fiable.
À partir de quel âge faut-il s’inquiéter de sa mémoire ?
Il n’existe pas d’âge unique. Les oublis bénins liés à l’âge sont normaux dès la cinquantaine. Ce qui doit alerter, ce sont les troubles qui gênent la vie quotidienne : se perdre dans un lieu familier, oublier des événements récents importants, avoir du mal à suivre une conversation. Selon l’INSERM, les modifications cérébrales peuvent débuter des années avant les symptômes, d’où l’intérêt de consulter dès les premiers doutes.
Peut-on vraiment réduire son risque de démence ?
Oui, en partie. La commission de The Lancet estime que jusqu’à 40 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur des facteurs modifiables : activité physique, sommeil de qualité, alimentation équilibrée, contrôle de la tension artérielle et du diabète, maintien d’une vie sociale active et arrêt du tabac. Ces habitudes ne garantissent rien, mais elles réduisent significativement le risque.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



