- Selon l’Institut national du cancer (INCa), environ 40 % des cancers seraient évitables en agissant sur les facteurs de risque modifiables.
- Le tabac reste le premier responsable, suivi de l’alcool et de l’alimentation déséquilibrée, d’après le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
- Une conférence à Dax rappelle que dépistage et prévention doivent devenir des réflexes, pas des exceptions.
Le message a de quoi bousculer. Près d’un cancer sur deux pourrait être évité : c’est le constat martelé lors d’une conférence organisée à Dax, dans les Landes, pour sensibiliser le grand public à la prévention du cancer. Loin de l’image d’une maladie qui frappe au hasard, une part considérable des cas trouve son origine dans des comportements sur lesquels on peut agir. L’Institut national du cancer (INCa) chiffre à environ 40 % la proportion de cancers attribuables à des facteurs de risque évitables. Autrement dit, plus de 150 000 cas par an en France échapperaient à leur trajectoire si les habitudes changeaient. Derrière ces statistiques, une réalité brutale : le cancer reste la première cause de mortalité dans l’Hexagone. Mais aussi, une note d’espoir bien réelle.
Le tabac et l’alcool, duo de tête des facteurs évitables
Impossible d’aborder la prévention sans commencer par le tabac. Il concentre à lui seul près de 20 % des nouveaux cas de cancer en France, selon les données de l’INCa. Cancer du poumon, bien sûr, mais aussi vessie, gorge, pancréas, œsophage. La liste est longue et souvent méconnue.
L’alcool, ce risque sous-estimé
Vient l’alcool, responsable d’environ 28 000 nouveaux cas annuels d’après le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’agence de l’OMS basée à Lyon. Le problème ? Beaucoup ignorent qu’il n’existe pas de seuil réellement sûr. Dès le premier verre quotidien, le risque grimpe pour plusieurs localisations, notamment le sein et le côlon. Les repères actuels de Santé publique France restent clairs : pas plus de deux verres par jour, et pas tous les jours.
- Tabac : premier facteur de risque évitable, impliqué dans 8 cancers sur 10 du poumon
- Alcool : deuxième cause évitable, lié aux cancers du sein, du foie, du côlon et des voies aérodigestives
- La combinaison tabac + alcool multiplie les risques bien au-delà de leur simple addition
L’assiette, un levier qu’on néglige trop souvent

Photo : Thirdman / Pexels
On oublie volontiers ce qui se joue dans nos cuisines. Pourtant l’alimentation pèse lourd. Une consommation excessive de viande rouge et de charcuterie, un régime pauvre en fibres, un surpoids installé : autant de terrains favorables. Le surpoids et l’obésité seraient à l’origine de plus de 18 000 cancers par an selon l’INCa. Le sucre en excès, les produits ultra-transformés, la sédentarité forment un cocktail que les épidémiologistes surveillent de près.
À l’inverse, bouger change la donne. L’activité physique régulière réduit le risque de plusieurs cancers, et ce même à intensité modérée. Nos articles sur le pouvoir sous-estimé de la marche détaillent comment une pratique simple, accessible à tous, agit sur le métabolisme et l’inflammation chronique. Trente minutes de marche quotidienne suffisent à enclencher des bénéfices mesurables.
Les programmes nutritionnels de référence
La France dispose d’outils solides. Le Programme national nutrition santé fixe des repères concrets — cinq fruits et légumes par jour, limitation des produits sucrés, préférence pour les céréales complètes. On en retrouve le détail dans notre dossier sur les programmes de référence en nutrition. Rien de révolutionnaire, mais une efficacité prouvée quand ces recommandations sont réellement suivies.
Le dépistage, l’autre pilier de la lutte
Prévenir, c’est aussi détecter tôt. Trois dépistages organisés existent en France et sauvent des vies chaque année. Le cancer du sein, avec une mammographie tous les deux ans entre 50 et 74 ans. Le cancer colorectal, via un test immunologique à faire chez soi entre 50 et 74 ans. Le cancer du col de l’utérus, grâce au frottis et au test HPV.
Le hic ? La participation reste médiocre. Le dépistage du cancer colorectal plafonne autour de 34 % de participation, très loin de l’objectif européen de 45 %, selon Santé publique France. Détecté tôt, ce cancer se guérit dans 9 cas sur 10. Détecté tard, le pronostic s’effondre. Ce décalage entre outils disponibles et usage réel, c’est précisément ce que dénonce l’épidémiologiste Franck Chauvin, dont nous relayons l’analyse sur un système de santé qui investit trop peu dans la prévention.
- Cancer du sein : mammographie tous les 2 ans de 50 à 74 ans
- Cancer colorectal : test immunologique tous les 2 ans, guérissable à 90 % si détecté tôt
- Cancer du col de l’utérus : frottis puis test HPV, couplé à la vaccination des adolescents
Une conférence pour transformer les intentions en gestes

Photo : Tara Winstead / Pexels
L’initiative daxoise s’inscrit dans cette logique : ramener la prévention au niveau local, là où les habitudes se forment et se transmettent. Parler chiffres, oui, mais surtout parler concret. Comment arrêter de fumer avec un accompagnement, comment repérer les produits à limiter, quand demander un dépistage à son médecin. Ces conférences de proximité comblent un vide, car l’information nationale reste souvent trop abstraite pour déclencher un changement.
Les Landes, comme d’autres départements ruraux, connaissent des inégalités d’accès aux soins et à l’information. Rapprocher le savoir médical des habitants, c’est aussi lutter contre ces disparités territoriales qui pèsent sur les diagnostics tardifs.
Questions fréquentes
Combien de cancers pourraient réellement être évités ?
Selon l’Institut national du cancer, environ 40 % des cancers seraient attribuables à des facteurs de risque évitables : tabac, alcool, alimentation déséquilibrée, surpoids, sédentarité, exposition solaire. Cela représente plus de 150 000 nouveaux cas par an en France qui pourraient théoriquement être prévenus.
Existe-t-il un seuil d’alcool sans risque ?
Non. Le Centre international de recherche sur le cancer (OMS) rappelle qu’aucun niveau de consommation d’alcool n’est totalement sûr sur le plan cancérologique. Le risque augmente dès le premier verre quotidien pour certains cancers, dont celui du sein. Santé publique France recommande de ne pas dépasser deux verres par jour ni consommer tous les jours.
Les dépistages sont-ils vraiment utiles ?
Oui, largement. Le cancer colorectal détecté tôt se guérit dans 9 cas sur 10. Pourtant, seuls 34 % des personnes concernées participent au dépistage organisé en France, contre un objectif européen de 45 %. Une détection précoce transforme radicalement le pronostic et réduit le recours à des traitements lourds.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



