- Selon l’OMS, 1,28 milliard d’adultes vivent avec une hypertension artérielle, et près de 46 % l’ignorent.
- Le Dr Amir Khan identifie deux chiffres prioritaires après 40 ans : la tension artérielle et le tour de taille.
- Mesurer sa tension et son tour de taille régulièrement permet de détecter très tôt un risque cardiovasculaire ou métabolique.
Il existe deux nombres qui, passé la quarantaine, méritent votre attention avant même votre poids sur la balance. C’est le message martelé par le Dr Amir Khan, médecin généraliste britannique et figure médiatique du système de santé outre-Manche. Sa conviction repose sur un constat implacable : l’hypertension artérielle touche 1,28 milliard d’adultes dans le monde selon l’OMS, et près d’un malade sur deux ne sait même pas qu’il est concerné. Ces chiffres santé après 40 ans — la tension artérielle et le tour de taille — sont des sentinelles silencieuses. Ils ne font pas mal, ne se voient pas toujours, mais annoncent des années à l’avance les infarctus, AVC et diabètes de type 2. La bonne nouvelle ? Ils sont mesurables en quelques secondes, à domicile, et surtout : ils sont modifiables. Voici pourquoi ces deux nombres devraient rejoindre votre routine de surveillance dès maintenant.
Chiffre n°1 : la tension artérielle, le « tueur silencieux »
Le Dr Amir Khan ne mâche pas ses mots : la tension artérielle est le premier indicateur à connaître par cœur. Et pour cause, l’OMS estime que l’hypertension est responsable de près de 10 millions de décès par an dans le monde, principalement par accident vasculaire cérébral et cardiopathie ischémique. Le drame, c’est son caractère asymptomatique : on peut vivre des années avec une pression trop élevée sans ressentir le moindre signe.
Comment lire ses chiffres correctement
Une mesure de tension s’exprime en deux valeurs : la pression systolique (quand le cœur se contracte) et la pression diastolique (quand il se relâche). Selon la Société Européenne de Cardiologie :
- Optimale : inférieure à 120/80 mmHg.
- Normale-haute : entre 130/85 et 139/89 mmHg — une zone de vigilance.
- Hypertension : à partir de 140/90 mmHg mesurée au cabinet médical.
Après 40 ans, la paroi des artères perd progressivement de son élasticité, ce qui explique la hausse naturelle de la tension avec l’âge. C’est justement pour cela que la surveillance devient prioritaire à cette période de la vie. Les seniors sont particulièrement exposés, notamment lors des épisodes de forte chaleur, comme nous l’expliquions dans notre article sur l’adaptation du corps des seniors à la chaleur.
Chiffre n°2 : le tour de taille, révélateur de la graisse invisible

Photo : Thirdman / Pexels
Le second chiffre défendu par le Dr Khan surprend souvent : ce n’est ni le poids, ni l’IMC (indice de masse corporelle), mais le tour de taille. Pourquoi ? Parce qu’il reflète la quantité de graisse viscérale, celle qui s’accumule autour des organes abdominaux et qui est métaboliquement la plus dangereuse.
Les seuils de vigilance
Selon l’International Diabetes Federation (IDF) et l’OMS, les seuils au-delà desquels le risque cardiométabolique augmente nettement sont :
- Chez les femmes : à partir de 80 cm (risque accru) et 88 cm (risque élevé).
- Chez les hommes : à partir de 94 cm (risque accru) et 102 cm (risque élevé).
La graisse viscérale n’est pas un simple stockage inerte : elle sécrète des molécules inflammatoires qui favorisent la résistance à l’insuline, l’hypertension et les dyslipidémies. Une étude publiée dans The Lancet a confirmé que le rapport tour de taille/taille est un meilleur prédicteur de mortalité précoce que l’IMC seul. Idéalement, ce ratio devrait rester inférieur à 0,5 — autrement dit, votre tour de taille ne devrait pas dépasser la moitié de votre taille en centimètres.
Bonne nouvelle : l’activité physique régulière fait fondre cette graisse en priorité. Inutile de viser des objectifs irréalistes — d’ailleurs, nous avons déconstruit le fameux mythe des 10 000 pas nés d’un slogan publicitaire. Bouger, même modérément, suffit à améliorer ces deux chiffres.
Pourquoi ces deux chiffres fonctionnent ensemble
La force du duo tension + tour de taille tient à leur complémentarité. Ensemble, ils dessinent le portrait du syndrome métabolique, une constellation de facteurs de risque qui, selon l’INSERM, concerne près d’un adulte français sur quatre après 50 ans. Ce syndrome multiplie par deux le risque de maladie cardiovasculaire et par cinq celui de développer un diabète de type 2.
Un cercle vertueux à activer
Agir sur l’un améliore souvent l’autre. Réduire son tour de taille de quelques centimètres fait fréquemment baisser la tension artérielle. Voici les leviers validés par la recherche :
- Réduire le sel : l’OMS recommande moins de 5 g par jour, alors que la consommation moyenne mondiale atteint le double.
- Bouger 150 minutes par semaine : le seuil minimal recommandé par l’OMS pour protéger le cœur.
- Soigner son sommeil : un sommeil de mauvaise qualité perturbe la régulation de l’appétit et de la tension. Nos conseils sur les réveils nocturnes peuvent y contribuer.
- Surveiller son cholestérol : souvent associé à ces deux marqueurs.
Concrètement, comment surveiller ces chiffres chez soi

Photo : Beta Xalfa / Pexels
Le Dr Khan insiste sur la simplicité de la démarche. Pour la tension, un tensiomètre électronique validé cliniquement (marqué CE, avec brassard huméral de préférence) permet une mesure fiable à domicile. Les recommandations pratiques :
- Mesurer au calme, assis, après 5 minutes de repos.
- Éviter café, tabac et effort dans les 30 minutes précédentes.
- Réaliser deux à trois mesures espacées et noter la moyenne.
Pour le tour de taille, un simple mètre ruban suffit : on le place à mi-distance entre la dernière côte et le sommet de la hanche, en fin d’expiration normale, sans serrer. À faire une fois par mois pour suivre l’évolution. Ces deux gestes, ajoutés à un bilan sanguin annuel chez son médecin traitant, constituent le socle d’une prévention efficace après la quarantaine.
Questions fréquentes
À quelle fréquence dois-je mesurer ma tension après 40 ans ?
En l’absence d’antécédent, un contrôle annuel chez le médecin suffit. Si votre tension est dans la zone « normale-haute » (130-139/85-89 mmHg) ou si vous avez des facteurs de risque, l’automesure hebdomadaire à domicile est recommandée. L’OMS rappelle que 46 % des hypertendus ignorent leur état, d’où l’importance d’un dépistage régulier.
Le tour de taille est-il vraiment plus fiable que l’IMC ?
Pour évaluer le risque cardiométabolique, oui. Une étude parue dans The Lancet a montré que le rapport tour de taille/taille prédit mieux la mortalité précoce que l’IMC, car il cible spécifiquement la graisse viscérale. L’IMC ne distingue pas la masse musculaire de la masse grasse, ce qui le rend moins précis chez les personnes sportives ou âgées.
Peut-on faire baisser ces deux chiffres sans médicament ?
Dans de nombreux cas de valeurs modérément élevées, oui. Réduire le sel, pratiquer 150 minutes d’activité par semaine, perdre 5 à 10 % de son poids et améliorer son sommeil peuvent suffire à normaliser la tension et le tour de taille. En cas d’hypertension confirmée (≥140/90 mmHg), un traitement médicamenteux reste souvent nécessaire, à décider avec votre médecin.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



