- Selon l’OMS, environ 4 % de la population mondiale souffre d’un trouble de stress post-traumatique chaque année.
- L’EMDR permet une réduction significative des symptômes de trauma en 6 à 12 séances en moyenne, avec des résultats validés par de nombreuses méta-analyses.
- À retenir : l’EMDR retraite les souvenirs douloureux grâce à des stimulations bilatérales, sans revivre en détail l’événement.
Vous portez peut-être en vous une blessure invisible : un accident, une agression, un deuil brutal, une enfance difficile. Ces souvenirs surgissent sans prévenir, provoquant angoisse, cauchemars ou sentiment de danger permanent. La thérapie EMDR trauma a été conçue précisément pour soulager ces souffrances. Selon l’INSERM, le trouble de stress post-traumatique touche environ 5 % de la population française au cours de la vie. Développée à la fin des années 1980 par la psychologue américaine Francine Shapiro, cette approche utilise les mouvements oculaires pour « déprogrammer » la charge émotionnelle des souvenirs traumatiques. Reconnue par l’OMS depuis 2013 comme traitement de première intention du psychotraumatisme, elle offre aujourd’hui un espoir concret à des millions de personnes. Dans cet article empathique et documenté, nous explorons ensemble son fonctionnement, ses indications et son efficacité réelle.
Qu’est-ce que la thérapie EMDR ?
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires, est une psychothérapie structurée destinée à traiter les conséquences psychologiques d’événements traumatisants.
Une origine scientifique inattendue
Francine Shapiro a découvert en 1987 que des mouvements oculaires rapides réduisaient l’intensité de pensées négatives. À partir de cette observation, elle a élaboré un protocole rigoureux. L’idée centrale : lorsqu’un événement est trop violent, le cerveau ne parvient pas à le « digérer » normalement. Le souvenir reste figé, avec ses émotions, sensations et images intactes.
Le principe des stimulations bilatérales
L’EMDR repose sur une stimulation bilatérale alternée du cerveau, obtenue par :
- des mouvements oculaires suivant les doigts du thérapeute ;
- des tapotements alternés sur les mains ou les genoux (tapping) ;
- des stimulations auditives via un casque.
Ces stimulations imiteraient le fonctionnement du sommeil paradoxal, phase durant laquelle le cerveau traite naturellement les informations émotionnelles. Cela facilite l’intégration du souvenir traumatique, qui perd alors sa charge émotionnelle douloureuse. Comme d’autres approches abordées dans nos articles sur la gestion du stress au quotidien, l’EMDR agit directement sur les mécanismes cérébraux du stress.
Les indications de l’EMDR : à qui s’adresse cette thérapie ?

Photo : Polina Zimmerman / Pexels
Initialement conçue pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT), l’EMDR a vu ses indications s’élargir au fil des recherches.
Le psychotraumatisme, indication reine
L’EMDR est particulièrement indiquée pour :
- les traumatismes uniques (accident, agression, catastrophe naturelle) ;
- les traumatismes complexes (violences répétées, maltraitance infantile) ;
- les deuils traumatiques et les états de stress aigu.
La Mayo Clinic confirme que l’EMDR fait partie des thérapies recommandées pour le TSPT, aux côtés des thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma.
D’autres troubles concernés
Des études récentes montrent des bénéfices sur :
- les troubles anxieux et phobies ;
- la dépression réactionnelle à un événement ;
- certaines douleurs chroniques d’origine psychosomatique.
Si vous souffrez d’anxiété persistante, découvrez également nos conseils sur les troubles anxieux et leurs solutions. L’EMDR peut être complémentaire d’autres approches thérapeutiques, comme la thérapie cognitive et comportementale (TCC).
Les précautions à connaître
L’EMDR n’est pas recommandée sans encadrement en cas de troubles dissociatifs sévères, de psychose non stabilisée ou de risque suicidaire aigu. Un bilan préalable avec un praticien certifié est indispensable.
Comment se déroule une séance d’EMDR ?
Contrairement à certaines idées reçues, une séance d’EMDR ne consiste pas à revivre en détail son traumatisme. Le protocole se déroule en huit phases structurées.
Les phases préparatoires
Les premières séances servent à établir un cadre sécurisant :
- Anamnèse : le thérapeute recueille votre histoire et identifie les souvenirs cibles ;
- Préparation : apprentissage de techniques de stabilisation émotionnelle (comme le « lieu sûr ») ;
- Évaluation : sélection de l’image la plus perturbante et des croyances négatives associées.
La phase de retraitement
C’est le cœur de la thérapie. Pendant que vous vous concentrez sur le souvenir, le thérapeute réalise les stimulations bilatérales par séries. Entre chaque série, vous exprimez ce qui émerge : images, émotions, sensations corporelles. Progressivement, la charge émotionnelle diminue. On mesure cette évolution sur une échelle de perturbation (SUD) de 0 à 10.
La clôture et la réévaluation
Chaque séance se termine par un retour au calme. À la séance suivante, le thérapeute vérifie que les acquis sont stables. Une séance dure généralement entre 60 et 90 minutes. Pour préserver votre équilibre émotionnel entre les rendez-vous, adoptez des routines apaisantes comme celles décrites dans notre guide sur la méditation de pleine conscience.
Combien de séances d’EMDR sont nécessaires ?

Photo : SHVETS production / Pexels
C’est l’une des questions les plus fréquentes, et la réponse dépend de la nature du traumatisme.
Traumatisme simple ou complexe
Pour un traumatisme unique et récent, les résultats peuvent apparaître rapidement :
- 3 à 6 séances suffisent souvent pour un trauma isolé ;
- 8 à 12 séances pour des situations plus enracinées ;
- plusieurs mois de suivi pour les traumatismes complexes et répétés.
Une étude publiée sur PubMed en 2023 rapporte qu’environ 84 à 90 % des victimes d’un traumatisme unique ne présentaient plus de diagnostic de TSPT après seulement trois séances de 90 minutes.
Les facteurs qui influencent la durée
Plusieurs éléments modulent le nombre de séances :
- l’ancienneté et la répétition du traumatisme ;
- la présence de troubles associés (dépression, addictions) ;
- la qualité de l’alliance thérapeutique ;
- le soutien de l’entourage et l’hygiène de vie globale.
Un bon sommeil réparateur favorise d’ailleurs l’intégration des souvenirs, le cerveau traitant les émotions durant la nuit.
Que dit la science sur l’efficacité de l’EMDR ?
L’EMDR n’est pas une méthode marginale : elle bénéficie d’une solide reconnaissance institutionnelle et scientifique.
Une validation internationale
Les principales instances de santé la recommandent :
- l’OMS la reconnaît depuis 2013 comme traitement de première intention du TSPT chez l’adulte et l’enfant ;
- la Haute Autorité de Santé et l’INSERM la classent parmi les thérapies validées ;
- l’American Psychological Association la recommande fortement.
Les données chiffrées
Les méta-analyses disponibles sur PubMed confirment son efficacité :
- une réduction significative des symptômes de TSPT comparable, voire supérieure, aux TCC ;
- des effets durables mesurés jusqu’à 12 mois après la fin du traitement ;
- un taux d’abandon souvent plus faible que d’autres thérapies, car elle évite l’exposition prolongée verbale au trauma.
Selon l’INSERM, les études convergent vers une efficacité robuste, tout en soulignant la nécessité de recherches complémentaires sur les mécanismes exacts d’action.
Les limites à garder en tête
L’EMDR n’est pas une baguette magique. Son efficacité dépend de la formation du praticien et de l’implication du patient. Elle s’inscrit idéalement dans une prise en charge globale, incluant parfois un accompagnement médical. Pour renforcer votre résilience émotionnelle globale, explorez nos ressources sur le bien-être émotionnel au quotidien.
Questions fréquentes sur ce sujet

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L’EMDR est-elle douloureuse à vivre ?
La séance peut réactiver temporairement des émotions fortes, mais le protocole encadre soigneusement ces moments avec des techniques de stabilisation. Vous ne revivez pas le traumatisme en détail : vous l’observez à distance, ce qui rend l’expérience supportable et progressive.
Qui peut pratiquer l’EMDR ?
Seuls les professionnels de santé mentale (psychologues, psychiatres, psychothérapeutes) formés et certifiés par un organisme reconnu, comme EMDR France ou EMDR Europe, sont habilités à pratiquer cette thérapie en toute sécurité.
L’EMDR fonctionne-t-elle sur les traumatismes anciens ?
Oui. Même des traumatismes remontant à l’enfance peuvent être retraités efficacement. Le temps écoulé n’empêche pas le cerveau de « digérer » enfin le souvenir grâce aux stimulations bilatérales, bien que davantage de séances soient parfois nécessaires.
Peut-on combiner l’EMDR avec un traitement médicamenteux ?
Absolument. L’EMDR est compatible avec un traitement antidépresseur ou anxiolytique prescrit par un médecin. Cette combinaison est même fréquente dans les prises en charge de traumatismes sévères. Ne modifiez jamais votre traitement sans avis médical.
Combien de temps avant de ressentir les premiers effets ?
Certaines personnes ressentent un soulagement dès les premières séances de retraitement. Pour un traumatisme unique, une amélioration notable apparaît souvent en 3 à 6 séances, tandis que les traumas complexes demandent un accompagnement plus long.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



