- Selon l’INSERM, jusqu’à 40 % des enfants et environ 4 % des adultes connaissent une parasomnie.
- La plupart des parasomnies de l’enfant disparaissent spontanément avec la maturation du cerveau.
- Aménager un environnement sécurisé et améliorer l’hygiène du sommeil réduit fortement les épisodes.
Se lever la nuit sans en garder le moindre souvenir, entendre son enfant hurler de terreur les yeux ouverts, ou se réveiller la mâchoire endolorie à force d’avoir grincé des dents : les parasomnies touchent bien plus de personnes qu’on ne l’imagine. D’après l’INSERM, jusqu’à 40 % des enfants vivent au moins un épisode au cours de leur développement, contre environ 4 % des adultes. Ces comportements anormaux survenant pendant le sommeil sont souvent bénins, mais ils peuvent perturber le repos, générer de l’anxiété et, parfois, exposer à des blessures. Comprendre ce qui se joue dans le cerveau endormi permet de mieux réagir et de retrouver des nuits apaisées. Ce guide fait le point, sans jargon inutile, sur les trois parasomnies les plus fréquentes et sur les solutions concrètes qui existent aujourd’hui.
Différences entre les principales parasomnies
Les parasomnies regroupent des manifestations très variées, mais elles ne surviennent pas toutes au même moment de la nuit ni dans le même stade de sommeil. Cette distinction est essentielle pour les identifier.
Le somnambulisme
Le somnambulisme survient pendant le sommeil lent profond, en général dans le premier tiers de la nuit. La personne se lève, marche, parfois accomplit des gestes complexes, tout en restant profondément endormie. Selon la Mayo Clinic, environ 1 à 15 % de la population aurait déjà eu au moins un épisode. Au réveil, aucun souvenir n’est conservé.
- Yeux souvent ouverts mais regard « vide »
- Réponses confuses ou absence de réponse
- Retour au lit sans mémoire de l’événement
Les terreurs nocturnes
À ne pas confondre avec les cauchemars, les terreurs nocturnes se produisent elles aussi en sommeil profond. L’enfant (plus rarement l’adulte) se redresse, crie, transpire, le cœur battant, sans être réellement réveillé ni conscient de son entourage. L’épisode dure quelques minutes puis se termine par un rendormissement complet, sans souvenir.
Le bruxisme
Le bruxisme désigne le grincement ou le serrement involontaire des dents pendant le sommeil. Une revue publiée sur PubMed en 2023 estime sa prévalence chez l’adulte entre 8 et 31 %. Contrairement aux deux précédentes parasomnies, il n’implique pas de déplacement mais peut abîmer l’émail dentaire et provoquer douleurs mâchoire et maux de tête.
Causes et déclencheurs des parasomnies

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Aucune parasomnie n’a une cause unique. Il s’agit le plus souvent d’une combinaison de facteurs génétiques, physiologiques et environnementaux qui perturbent les transitions entre les phases de sommeil.
Facteurs génétiques et de développement
La composante héréditaire est forte : selon l’INSERM, un enfant a bien plus de risque d’être somnambule si l’un de ses parents l’a été. L’immaturité des mécanismes de régulation du sommeil explique aussi pourquoi ces troubles sont si fréquents durant l’enfance et régressent avec l’âge.
Déclencheurs du quotidien
- Manque de sommeil et fatigue accumulée
- Stress, anxiété et surcharge émotionnelle
- Fièvre, notamment chez le jeune enfant
- Consommation d’alcool ou de certains médicaments
- Bruit ou lumière perturbant le sommeil profond
Pour le bruxisme, le stress et l’anxiété jouent un rôle majeur, tout comme la caféine et le tabac. La Mayo Clinic souligne également le lien fréquent avec les troubles du sommeil comme l’apnée.
Quand faut-il s’inquiéter ?
La grande majorité des parasomnies sont bénignes et transitoires. Pourtant, certains signaux doivent conduire à consulter un professionnel de santé.
Les signaux d’alerte
- Épisodes fréquents (plusieurs fois par semaine) et persistants
- Comportements dangereux : sortir de la maison, manipuler des objets à risque
- Apparition ou aggravation à l’âge adulte
- Somnolence diurne, difficultés de concentration
- Douleurs dentaires, maux de tête matinaux répétés (bruxisme)
Distinguer le bénin du problématique
Un épisode isolé de somnambulisme chez un enfant fatigué n’a rien d’alarmant. En revanche, des terreurs nocturnes très fréquentes ou un somnambulisme apparaissant tardivement chez l’adulte peuvent révéler un trouble sous-jacent, un stress important ou une autre pathologie du sommeil. Un médecin pourra proposer un enregistrement du sommeil (polysomnographie) si nécessaire.
Traitements disponibles

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Bonne nouvelle : dans la plupart des cas, aucun traitement médicamenteux n’est nécessaire. L’approche repose d’abord sur l’hygiène de vie et la gestion des facteurs déclencheurs.
Approches comportementales
La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) a montré une bonne efficacité, notamment sur le stress qui alimente les parasomnies. Chez l’enfant sujet aux terreurs nocturnes récurrentes, la technique des « réveils programmés » — réveiller doucement l’enfant peu avant l’heure habituelle de l’épisode — peut réduire nettement leur fréquence.
Solutions pour le bruxisme
- Port d’une gouttière occlusale sur mesure pour protéger les dents
- Techniques de relaxation et gestion du stress
- Réduction de la caféine et de l’alcool le soir
- Prise en charge d’une éventuelle apnée du sommeil associée
Quand la médication intervient
Dans les formes sévères et à risque, un médecin peut ponctuellement prescrire certains traitements. Cette option reste réservée aux cas résistants aux mesures comportementales et doit toujours faire l’objet d’un suivi médical rapproché.
Sécurité et prévention
Prévenir les épisodes et sécuriser l’environnement constitue la pierre angulaire de la prise en charge, en particulier pour le somnambulisme.
Sécuriser la chambre et le domicile
- Verrouiller portes et fenêtres, installer une barrière en haut des escaliers
- Retirer les objets dangereux ou coupants accessibles la nuit
- Éviter les lits superposés pour un enfant somnambule
- Ne pas réveiller brutalement une personne en épisode : la guider doucement vers son lit
Optimiser l’hygiène du sommeil
Selon l’OMS, un adulte a besoin de 7 à 9 heures de sommeil par nuit pour préserver sa santé physique et mentale. Des horaires réguliers, une chambre fraîche et sombre, ainsi qu’une limitation des écrans avant le coucher réduisent la survenue des parasomnies. La gestion du stress, par la relaxation ou la respiration, complète efficacement cette hygiène.
Accompagner un enfant concerné
Rassurer sans dramatiser est essentiel. Expliquer le phénomène à l’enfant, maintenir un rituel du coucher apaisant et veiller à un sommeil suffisant suffisent le plus souvent à espacer les épisodes jusqu’à leur disparition à l’adolescence.
Questions fréquentes sur ce sujet

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Faut-il réveiller un somnambule ?
Non, il est préférable de ne pas le réveiller brutalement, car cela peut le désorienter et l’effrayer. Guidez-le calmement vers son lit en parlant doucement.
Quelle différence entre une terreur nocturne et un cauchemar ?
Le cauchemar survient en sommeil paradoxal, en fin de nuit, et l’on s’en souvient. La terreur nocturne se produit en sommeil profond, en début de nuit, sans souvenir au réveil.
Le bruxisme peut-il abîmer les dents ?
Oui, le grincement répété use l’émail, peut fissurer les dents et provoquer douleurs de mâchoire et maux de tête. Une gouttière protège efficacement.
Les parasomnies de l’enfant disparaissent-elles ?
Dans la grande majorité des cas, oui. Elles régressent spontanément avec la maturation du cerveau, généralement avant ou pendant l’adolescence.
Le stress favorise-t-il les parasomnies ?
Absolument. Le stress et l’anxiété figurent parmi les déclencheurs les plus fréquents, en particulier pour le bruxisme et les terreurs nocturnes.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



