- 28 cas de leishmaniose recensés en Haute-Garonne, selon les autorités sanitaires locales.
- La maladie est transmise par la piqûre d’un moucheron, le phlébotome, et non par contact humain.
- Se protéger des piqûres au crépuscule et surveiller son chien restent les gestes clés de prévention.
La nouvelle a de quoi surprendre : 28 personnes ont été contaminées par la leishmaniose en Haute-Garonne, une maladie parasitaire que beaucoup associent aux régions tropicales. Pourtant, ce foyer se situe bien en métropole, dans le sud-ouest de la France. Transmise par un minuscule insecte appelé phlébotome, la leishmaniose n’a rien d’exotique dans le pourtour méditerranéen où elle circule depuis des décennies. Ce qui interpelle, c’est sa présence croissante dans des zones jusqu’ici épargnées. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la leishmaniose touche chaque année entre 700 000 et 1 million de personnes dans le monde. En France, elle reste rare mais surveillée de près, notamment en raison du réchauffement climatique qui favorise l’expansion de son vecteur. Décryptage d’une maladie méconnue qui mérite toute notre vigilance.
Qu’est-ce que la leishmaniose exactement ?
La leishmaniose est une maladie parasitaire provoquée par des protozoaires du genre Leishmania. Ces micro-organismes sont transmis à l’homme et à l’animal par la piqûre d’un insecte : le phlébotome femelle, un petit moucheron de 2 à 3 millimètres, actif principalement au crépuscule et durant la nuit chaude.
Trois formes cliniques distinctes
Selon l’OMS et l’Institut Pasteur, la maladie se décline en trois grandes formes :
- La leishmaniose cutanée : la plus fréquente, elle se manifeste par des lésions et ulcères sur la peau, laissant souvent des cicatrices définitives.
- La leishmaniose viscérale (ou kala-azar) : la plus grave, elle atteint les organes internes (rate, foie, moelle osseuse). Non traitée, elle est mortelle dans plus de 95 % des cas selon l’OMS.
- La leishmaniose cutanéo-muqueuse : elle détruit partiellement les muqueuses du nez, de la bouche et de la gorge.
En France métropolitaine, c’est principalement l’espèce Leishmania infantum qui circule, responsable de formes viscérales et cutanées, avec le chien comme réservoir principal du parasite.
Pourquoi la Haute-Garonne ? Le rôle du climat

Photo : Piotr Wojnowski / Pexels
Le foyer de 28 cas en Haute-Garonne illustre une tendance de fond : la remontée progressive des maladies à transmission vectorielle vers le nord de l’Europe. Le phlébotome, comme le moustique, est particulièrement sensible aux températures et à l’humidité.
Un vecteur qui gagne du terrain
Avec des étés plus longs et plus chauds, les phlébotomes prolongent leur période d’activité et colonisent de nouveaux territoires. Ce phénomène rappelle celui observé avec d’autres insectes vecteurs. Nous avions ainsi documenté la progression fulgurante du moustique-tigre en France métropolitaine, désormais implanté dans une large majorité des départements.
Cette dynamique climatique explique aussi l’apparition de cas autochtones de maladies tropicales, comme le premier cas de chikungunya en Île-de-France, un événement inédit qui aurait été impensable il y a une décennie. Les experts en santé environnementale s’accordent : la France doit désormais intégrer ces pathologies dans sa surveillance épidémiologique nationale.
Selon Santé publique France, une centaine de cas humains de leishmaniose viscérale sont diagnostiqués chaque année sur le territoire, majoritairement dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie et Corse. Le foyer de Haute-Garonne s’inscrit dans cette géographie méditerranéenne élargie.
Symptômes et transmission : ce qu’il faut savoir
Reconnaître les signes
Les symptômes varient selon la forme de la maladie. Pour la forme cutanée, il faut surveiller :
- Des lésions cutanées ou ulcères qui ne cicatrisent pas normalement, souvent indolores.
- Des nodules apparaissant sur les zones exposées (visage, bras, jambes).
Pour la forme viscérale, plus insidieuse, les signaux d’alerte incluent :
- Une fièvre prolongée et irrégulière.
- Un amaigrissement important et une fatigue intense.
- Un gonflement de la rate et du foie, ainsi qu’une anémie.
La période d’incubation peut aller de quelques semaines à plusieurs mois, voire années pour la forme viscérale, ce qui complique parfois le diagnostic. Une consultation médicale s’impose devant tout symptôme persistant, d’autant que la prise en charge après un épisode de maladie mérite une préparation, comme nous l’expliquons dans notre guide sur le retour au travail après un long arrêt maladie.
Aucune transmission entre humains
Point rassurant et essentiel : la leishmaniose ne se transmet pas d’une personne à l’autre. La contamination passe exclusivement par la piqûre d’un phlébotome infecté. Il n’y a donc aucun risque de contagion par contact, ce qui distingue clairement cette maladie des affections virales respiratoires.
Comment se protéger efficacement

Photo : Petr Ganaj / Pexels
En l’absence de vaccin humain disponible en France, la prévention repose entièrement sur la protection contre les piqûres de phlébotomes. Les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures concrètes :
- Éviter les sorties au crépuscule et la nuit dans les zones à risque, pics d’activité des phlébotomes.
- Porter des vêtements longs et appliquer des répulsifs cutanés adaptés.
- Utiliser des moustiquaires à mailles fines (les phlébotomes étant plus petits que les moustiques classiques).
- Protéger son chien, réservoir principal du parasite, avec des colliers ou pipettes insecticides et un vaccin canin disponible chez le vétérinaire.
La surveillance des animaux de compagnie est cruciale : un chien atteint de leishmaniose présente souvent une perte de poils, des lésions cutanées et un amaigrissement. Le faire examiner régulièrement contribue à limiter la circulation du parasite dans l’environnement.
Questions fréquentes
La leishmaniose est-elle mortelle ?
La forme cutanée guérit généralement bien, parfois spontanément, mais peut laisser des cicatrices. La forme viscérale, en revanche, est mortelle dans plus de 95 % des cas si elle n’est pas traitée, selon l’OMS. Prise en charge à temps, elle se soigne efficacement avec des traitements antiparasitaires spécifiques.
Puis-je attraper la leishmaniose de mon chien ?
Non, pas directement. Le chien est le réservoir du parasite, mais la transmission se fait uniquement via la piqûre d’un phlébotome infecté. Un chien malade augmente toutefois le risque local de circulation du parasite, d’où l’importance de le protéger et de le faire soigner.
Existe-t-il un traitement contre la leishmaniose ?
Oui. Selon la forme et sa gravité, les médecins utilisent des antiparasitaires comme l’amphotéricine B liposomale pour la forme viscérale, ou des traitements locaux pour la forme cutanée. Le traitement doit être prescrit et suivi par un spécialiste, car il nécessite une surveillance médicale rapprochée.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



