- Plus de 26 000 personnes attendaient une greffe d’organe en France début 2024, dont près de 11 500 pour un rein (Agence de la biomédecine).
- Mélinda Ethève, atteinte d’une maladie rare, a reçu une greffe de rein après un long parcours entre dialyse et espoir.
- Le don d’organe repose sur le consentement présumé en France : chacun est donneur sauf inscription au registre des refus.
Elle a attendu longtemps. Et puis un jour, l’appel est arrivé. Mélinda Ethève, jeune femme de La Réunion touchée par une maladie rare qui a rongé ses reins, a bénéficié d’une greffe de rein qui a bouleversé son existence. « Je suis reconnaissante à vie », confie-t-elle, des mots simples qui portent le poids de plusieurs années passées à vivre au rythme des machines. Son histoire, relayée par le média local Linfo.re, n’a rien d’anecdotique : en France, plus de 26 000 malades attendaient un organe au début de 2024 selon l’Agence de la biomédecine, et le rein arrive largement en tête des besoins. Derrière chaque chiffre, il y a des Mélinda. Des vies suspendues à la générosité d’inconnus.
Le parcours d’une greffée : de la maladie rare à la seconde vie
Les maladies rares touchent, prises ensemble, environ 3 millions de personnes en France selon l’Inserm. Beaucoup restent mal diagnostiquées pendant des années. Quand elles s’attaquent aux reins, le pronostic se joue souvent sur la capacité à trouver un traitement de suppléance : la dialyse, puis, si tout se passe bien, la greffe.
Vivre sous dialyse, un quotidien épuisant
Avant la transplantation, Mélinda a connu ce que vivent des dizaines de milliers de patients : les séances de dialyse. Trois fois par semaine, quatre heures durant, une machine remplace le travail des reins défaillants. C’est vital. C’est aussi épuisant physiquement et moralement. La fatigue chronique, les restrictions alimentaires strictes, l’impossibilité de voyager librement — tout cela façonne une existence contrainte.
À La Réunion, la question rénale est particulièrement sensible. Le diabète et l’hypertension, deux grandes causes d’insuffisance rénale, y sont surreprésentés par rapport à la métropole. Le territoire fait partie des régions françaises où l’insuffisance rénale terminale frappe le plus.
La greffe, un tournant
Recevoir un rein change tout. Fini les séances interminables. Le greffon, une fois accepté par l’organisme, prend le relais et redonne une autonomie perdue. « Reconnaissante à vie » : l’expression de Mélinda dit l’ampleur du soulagement. Selon l’Agence de la biomédecine, un patient greffé rénal vit en moyenne plus longtemps et avec une bien meilleure qualité de vie qu’un patient maintenu en dialyse au long cours.
La greffe rénale en chiffres : ce que dit la science

Photo : Muhammad Khawar Nazir / Pexels
La transplantation rénale n’est pas une opération anodine, mais c’est aujourd’hui l’une des plus maîtrisées. En 2023, environ 3 500 greffes de rein ont été réalisées en France d’après l’Agence de la biomédecine. Le taux de survie du greffon à un an dépasse les 90 % dans la plupart des centres.
- Origine du greffon : la majorité provient de donneurs décédés, mais le don du vivant progresse et représente désormais une part croissante des interventions.
- Traitement à vie : le greffé doit prendre des immunosuppresseurs pour éviter le rejet, un équilibre délicat à surveiller.
- Durée du greffon : un rein transplanté fonctionne en moyenne entre 12 et 15 ans, parfois bien davantage.
La recherche avance sur tous les fronts. Des équipes travaillent sur des techniques de conservation des organes qui pourraient élargir le nombre de greffons utilisables. Ce combat contre les maladies chroniques et graves n’est pas isolé : on le retrouve dans d’autres domaines, comme le montre par exemple le combat de Benjamin, 13 ans, contre la leucémie à La Réunion, une autre histoire de ténacité insulaire face à la maladie.
Le don d’organe, une chaîne de solidarité mal connue
La France applique le principe du consentement présumé depuis la loi Caillavet de 1976, renforcé par les textes suivants. Autrement dit, chacun est considéré comme donneur potentiel après sa mort, sauf s’il s’est inscrit de son vivant au registre national des refus. En pratique, les proches sont toujours consultés, et c’est souvent là que le don achoppe.
Parler du don, de son vivant
Le taux de refus des familles reste proche de 30 % en France. Or ce refus s’explique fréquemment par la méconnaissance de la volonté du défunt. D’où l’importance capitale d’exprimer sa position à ses proches. Dire « oui » ou « non », mais le dire clairement, épargne aux familles une décision impossible dans un moment de deuil.
- Vous pouvez porter une carte de donneur, même si elle n’a pas de valeur légale contraignante.
- Vous pouvez en parler avec votre entourage, la démarche la plus efficace.
- Vous pouvez vous inscrire au registre des refus si telle est votre décision.
Prévenir avant de guérir
Une part importante des insuffisances rénales pourrait être retardée, voire évitée, par une meilleure prise en charge des facteurs de risque. L’hypertension figure en tête. Le mal touche 17 millions de personnes en France et abîme silencieusement les reins pendant des années. Le diabète suit de près. Bouger davantage compte aussi : les bénéfices de la marche régulière sur la santé cardiovasculaire et métabolique sont largement documentés, et ce qui protège le cœur protège souvent les reins.
Ce que le témoignage de Mélinda nous apprend

Photo : Ivan Babydov / Pexels
Au-delà de l’émotion, son histoire est un rappel. Celui que la médecine sait faire des miracles quand la solidarité suit. Celui aussi que l’attente reste trop longue pour beaucoup. Les délais moyens d’attente pour un rein peuvent dépasser plusieurs années selon les régions et le profil immunologique du patient. Chaque nouveau donneur inscrit, chaque conversation familiale sur le sujet, raccourcit potentiellement cette attente pour quelqu’un.
La reconnaissance de Mélinda s’adresse à un donneur qu’elle ne connaîtra jamais, ou à sa famille. C’est peut-être ça, le plus beau dans cette histoire : un lien invisible entre deux existences, l’une qui s’achève et l’autre qui repart.
Questions fréquentes
Combien de temps dure un rein greffé ?
Un greffon rénal fonctionne en moyenne entre 12 et 15 ans, selon l’Agence de la biomédecine, mais cette durée varie fortement selon l’âge du donneur, la qualité de l’organe et l’observance du traitement immunosuppresseur. Certains greffons dépassent 20 ou 25 ans de fonctionnement. En cas d’échec, une nouvelle greffe reste envisageable.
Comment devenir donneur d’organe en France ?
En France, tout le monde est présumé donneur après son décès, en vertu du principe de consentement présumé instauré par la loi de 1976. Il n’y a donc aucune démarche à faire pour donner. En revanche, si vous êtes opposé au don, vous devez vous inscrire au registre national des refus. Le plus important reste d’informer vos proches de votre position, car ils seront consultés.
La dialyse peut-elle remplacer durablement une greffe ?
La dialyse maintient en vie mais ne remplace pas toutes les fonctions rénales. Elle impose un rythme contraignant, souvent trois séances de quatre heures par semaine, et s’accompagne de restrictions importantes. Les études de l’Agence de la biomédecine montrent qu’un patient greffé vit en moyenne plus longtemps et avec une qualité de vie supérieure. La greffe reste donc le traitement de référence lorsqu’elle est possible.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



