- Monter quatre volées d’escaliers en moins d’une minute : signe d’un coeur en bonne santé, selon une étude présentée à la Société européenne de cardiologie (ESC).
- L’activité régulière dans les escaliers est associée à une réduction d’environ 40 % du risque de décès cardiovasculaire.
- Après 60 ans, deux minutes d’escaliers par jour suffisent à entretenir le muscle cardiaque.
Vous montez un étage et vous voilà le souffle court, la main sur la rampe. Rien d’anodin. Monter les escaliers est devenu, aux yeux des cardiologues, l’un des tests fonctionnels les plus parlants pour jauger la santé du coeur après 60 ans. Une équipe espagnole a montré que les personnes capables de gravir quatre volées d’escaliers — soit environ 60 marches — en moins d’une minute présentent une bien meilleure capacité cardiovasculaire que celles qui mettent plus d’une minute et demie. Ce résultat, présenté lors du congrès EACVI-Best of Imaging de la Société européenne de cardiologie, transforme un geste banal du quotidien en indicateur médical. Pas besoin de tapis roulant ni d’électrodes : votre cage d’escalier suffit. Encore faut-il savoir lire ce qu’elle vous dit.
Ce que révèle votre vitesse dans les escaliers
L’étude menée par le Dr Jesús Peteiro, cardiologue au CHU A Coruña en Espagne, a suivi 165 patients souffrant de symptômes évocateurs d’une maladie coronarienne. Chacun a d’abord passé un test d’effort classique, puis on leur a demandé de monter quatre étages sans traîner et sans courir.
Le seuil de la minute
Le constat est net. Les participants qui bouclaient l’ascension en moins de 45 secondes affichaient une consommation d’oxygène supérieure à 9-10 MET — l’unité qui mesure l’intensité de l’effort. Au-delà d’une minute et demie, ce chiffre tombait sous les 8 MET, un seuil associé à un pronostic plus sombre.
- Moins de 60 secondes : bonne condition cardiovasculaire, faible risque
- Entre 60 et 90 secondes : vigilance recommandée
- Plus de 90 secondes : consultation cardiologique conseillée
« Si cela vous prend plus d’une minute et demie pour monter quatre volées, votre santé n’est pas optimale et il serait bon de consulter », résumait le Dr Peteiro. Le message ne se veut pas alarmiste, mais il invite à ne pas balayer d’un revers de main un essoufflement inhabituel.
Pourquoi les escaliers battent tant d’autres exercices

Photo : Ciro Palomba / Pexels
Des physiologistes de l’exercice le répètent : grimper des marches sollicite les grands groupes musculaires des jambes tout en imposant un travail intense au coeur, le tout en très peu de temps. Une minute passée dans les escaliers équivaudrait, en dépense, à plusieurs minutes de marche à plat.
Un condensé d’effort
Le mouvement combine résistance et cardio. Chaque marche gravie oblige le corps à soulever son propre poids contre la gravité, ce qui recrute quadriceps, fessiers et mollets, tandis que la fréquence cardiaque grimpe rapidement. Ce cocktail explique l’efficacité remarquable de l’exercice pour un investissement de temps minime.
Une méta-analyse présentée à la conférence de l’ESC en 2024 a par ailleurs associé la montée régulière d’escaliers à une baisse d’environ 39 % du risque de décès d’origine cardiovasculaire et de 24 % de la mortalité toutes causes confondues, en comparaison des personnes sédentaires. Ces chiffres rejoignent ce que l’on sait déjà des bienfaits du mouvement quotidien, un terrain que nous avons exploré à propos du pouvoir sous-estimé de la marche.
Deux minutes par jour : la dose qui protège
Pas question de transformer chaque montée en épreuve chronométrée. Les médecins insistent sur la régularité plutôt que la performance. Après 60 ans, intégrer deux minutes d’escaliers dans sa journée entretient déjà le muscle cardiaque et améliore l’endurance.
Comment s’y prendre sans se blesser
- Commencer à un rythme confortable, sans forcer sur le souffle
- Utiliser la rampe en cas de vertige ou de problème d’équilibre
- Fractionner : quelques volées le matin, quelques-unes plus tard
- S’arrêter en cas de douleur thoracique, de palpitations ou de malaise
Ceux qui souffrent de problèmes articulaires, notamment de genou, doivent adapter l’exercice ou privilégier la descente en douceur. Un essoufflement qui s’aggrave brutalement, une oppression dans la poitrine ou une fatigue anormale ne doivent jamais être négligés. Les outils de dépistage progressent d’ailleurs vite : une intelligence artificielle capable de repérer une maladie du coeur en deux secondes sur un ECG illustre à quel point la cardiologie mise sur la détection précoce.
Le mode de vie pèse tout autant que l’activité physique. Le rythme des repas, par exemple, influence directement le risque coronarien, comme le montre notre article sur le jet-lag alimentaire et ses effets sur le coeur des hommes.
Un test à relativiser

Photo : Doug Manning / Pexels
Ce repère reste indicatif. La vitesse de montée dépend de l’âge, de la corpulence, d’éventuelles douleurs articulaires ou d’un simple manque d’entraînement. Un coureur du dimanche essoufflé après une nuit blanche ne cache pas forcément une pathologie. Le Dr Peteiro et ses confrères le présentent comme un signal d’alerte, pas comme un diagnostic. Seul un bilan cardiologique complet — électrocardiogramme, échographie, test d’effort — permet de confirmer ou d’écarter un trouble.
L’intérêt du test tient surtout à sa simplicité. Gratuit, réalisable partout, il incite à prêter attention à un signe que beaucoup ignorent par habitude. Après 60 ans, ce petit chrono personnel dans la cage d’escalier peut suffire à déclencher la consultation qui change tout.
Questions fréquentes
Combien de temps devrais-je mettre pour monter quatre étages ?
Selon l’étude du Dr Jesús Peteiro (CHU A Coruña), monter quatre volées d’escaliers — environ 60 marches — en moins de 60 secondes traduit une bonne capacité cardiovasculaire, correspondant à plus de 9-10 MET. Au-delà de 90 secondes, une consultation cardiologique est recommandée pour écarter un éventuel problème coronarien.
Les escaliers sont-ils vraiment plus efficaces que la marche ?
Oui, en termes d’intensité. Monter des marches recrute davantage de masse musculaire et fait grimper la fréquence cardiaque plus vite. Une méta-analyse présentée à l’ESC associe cette pratique régulière à une baisse d’environ 39 % du risque de décès cardiovasculaire. Une minute d’escaliers équivaut, en dépense énergétique, à plusieurs minutes de marche à plat.
Est-ce risqué pour une personne de plus de 60 ans ?
Pour la plupart des seniors en bonne santé, non, à condition de commencer progressivement et d’utiliser la rampe si besoin. En cas de douleur thoracique, de palpitations, de vertige ou d’essoufflement anormal, il faut s’arrêter et consulter. Les personnes ayant des antécédents cardiaques ou articulaires doivent demander un avis médical avant d’intensifier l’exercice.
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📚 Sources :
- Source originale — Article RSS
- Société européenne de cardiologie (ESC) — EACVI-Best of Imaging, étude du Dr Jesús Peteiro, CHU A Coruña
- European Society of Cardiology — méta-analyse sur la montée d’escaliers et la mortalité cardiovasculaire (2024)
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



