- Le cancer du sein représente près de 61 000 nouveaux cas par an en France (Institut national du cancer, 2023).
- Une équipe de Haute-Savoie réalise désormais la radiothérapie peropératoire, délivrée en une seule séance pendant la chirurgie.
- Pour les patientes éligibles, cette technique réduit le nombre de déplacements et allège le vécu physique du traitement.
Chaque année, près de 61 000 femmes découvrent en France un cancer du sein, selon les chiffres de l’Institut national du cancer (INCa). Derrière ce nombre se cachent des mois de traitements, souvent lourds : chirurgie, chimiothérapie, puis plusieurs semaines de radiothérapie à raison d’allers-retours quotidiens à l’hôpital. C’est précisément cette dernière étape qu’une équipe médicale de Haute-Savoie vient de repenser. En adoptant une technique inédite dans la région — la radiothérapie peropératoire —, les praticiens proposent désormais à certaines patientes de recevoir leur traitement par rayons en une seule séance, directement au bloc opératoire, pendant l’ablation de la tumeur. Une innovation présentée comme « physiquement moins éprouvante », qui interroge notre manière d’envisager le soin du cancer du sein.
La radiothérapie peropératoire : de quoi parle-t-on ?
La radiothérapie classique s’étale généralement sur trois à cinq semaines, avec des séances quotidiennes. La radiothérapie peropératoire (dite IORT, pour Intraoperative Radiation Therapy) inverse la logique : au lieu d’irradier de l’extérieur après la cicatrisation, on délivre la dose de rayons directement sur le lit tumoral, une fois la tumeur retirée et pendant que la patiente est encore endormie.
Une dose ciblée en un seul temps
L’intérêt est double. D’une part, le rayonnement atteint précisément la zone à risque de récidive, en épargnant davantage les tissus sains environnants comme la peau, le cœur ou les poumons. D’autre part, la totalité du traitement radiothérapeutique peut, chez les patientes éligibles, être concentrée en cette unique séance.
- Une seule irradiation, réalisée en quelques minutes au bloc.
- Un ciblage direct sur la cavité laissée par la tumeur.
- Une réduction significative des déplacements à l’hôpital.
Cette approche s’inscrit dans une tendance de fond de l’oncologie : personnaliser et désescalader les traitements lorsque le profil tumoral le permet, à l’image de ce que l’on observe dans d’autres domaines comme la recherche contre les cellules cancéreuses résistantes du poumon.
Pourquoi c’est « moins éprouvant » pour les patientes

Photo : Jo McNamara / Pexels
Au-delà de l’efficacité thérapeutique, l’argument mis en avant par l’équipe de Haute-Savoie est celui du confort et de la qualité de vie. Et il n’est pas anecdotique.
Le poids invisible des trajets et de la fatigue
Les séances quotidiennes de radiothérapie, sur plusieurs semaines, imposent une organisation contraignante : congés, garde d’enfants, trajets parfois longs en zone rurale ou de montagne comme la Haute-Savoie. À cela s’ajoute la fatigue cumulative, l’un des effets secondaires les plus fréquemment rapportés. En condensant le traitement, la technique peropératoire réduit ce fardeau logistique et psychologique.
- Moins de trajets répétés vers le centre de radiothérapie.
- Un impact réduit sur la vie professionnelle et familiale.
- Une charge mentale et une anxiété allégées, un enjeu majeur du parcours cancer.
Cette dimension psychologique est loin d’être secondaire. La détresse émotionnelle liée à la maladie et à ses traitements peut alimenter des mécanismes anxieux durables, un phénomène que nous avons exploré à travers la question de la spirale anxieuse et des moyens de l’enrayer. Réduire les sources de stress fait donc partie intégrante d’un soin de qualité.
Une technique pour qui, et avec quelles preuves ?
La radiothérapie peropératoire n’est pas une solution universelle. Elle s’adresse à des patientes soigneusement sélectionnées, généralement porteuses de tumeurs de petite taille, à un stade précoce, et présentant un profil biologique à faible risque de récidive.
Ce que dit la science
La technique a été évaluée notamment par l’essai international TARGIT-A, dont les résultats à long terme ont été publiés dans le British Medical Journal (BMJ) en 2020. Chez les patientes bien sélectionnées, l’irradiation peropératoire en séance unique s’est révélée non inférieure à la radiothérapie externe classique en termes de contrôle local de la maladie, avec un profil de tolérance favorable. Les auteurs ont souligné une mortalité par cancer du sein comparable entre les deux groupes.
Selon l’Institut national du cancer, le pronostic du cancer du sein s’est nettement amélioré ces dernières décennies, avec un taux de survie nette à cinq ans dépassant 88 % pour les formes localisées. Le dépistage précoce reste déterminant : c’est parce que davantage de tumeurs sont détectées à un stade débutant que des approches allégées comme la radiothérapie peropératoire deviennent envisageables.
- Tumeurs de petite taille et de stade précoce.
- Absence de facteurs de haut risque à l’analyse.
- Décision validée en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Il ne s’agit donc pas de remplacer systématiquement la radiothérapie classique, mais d’élargir l’éventail d’options. Cette logique de prévention et de dépistage s’inscrit dans une prise en charge globale de la santé des femmes, à l’image des efforts récents autour de la ménopause et de l’accompagnement des femmes.
Questions fréquentes

Photo : Jo McNamara / Pexels
La radiothérapie peropératoire remplace-t-elle toujours les séances classiques ?
Non. Chez certaines patientes, une analyse anatomopathologique de la tumeur après l’opération peut révéler des facteurs de risque nécessitant un complément de radiothérapie externe. La décision est prise au cas par cas, en réunion de concertation pluridisciplinaire. La technique concerne avant tout les tumeurs précoces à faible risque de récidive.
Cette technique est-elle aussi efficace que la radiothérapie standard ?
Pour les patientes sélectionnées, l’essai international TARGIT-A, publié dans le BMJ en 2020, a montré une non-infériorité en termes de contrôle local et une mortalité par cancer du sein comparable à la radiothérapie externe. L’éligibilité stricte reste la clé de cette équivalence de résultats.
Quels sont les avantages concrets pour la patiente ?
Le principal bénéfice est la réduction drastique du nombre de séances : le traitement par rayons peut être réalisé en une fois, pendant la chirurgie. Cela diminue les trajets, la fatigue cumulative et la charge mentale liée à plusieurs semaines de traitement, tout en épargnant davantage les tissus sains voisins comme le cœur et les poumons.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



