- L’hyponatrémie survient lorsque la concentration de sodium sanguin chute sous 135 mmol/L, selon les critères de l’AP-HP.
- Boire de très grandes quantités d’eau pure sans apport en électrolytes dilue le sang et peut provoquer un œdème cérébral.
- La bonne stratégie : boire régulièrement mais modérément, et compenser les pertes en sels minéraux lors d’efforts ou de fortes chaleurs.
On nous l’a martelé depuis l’enfance : il faut boire, boire et encore boire. Pourtant, une concentration de sodium sanguin inférieure à 135 mmol/L suffit à déclencher une hyponatrémie, un trouble qui, dans ses formes sévères, peut entraîner des convulsions, un coma, voire le décès. Le paradoxe est cruel : croire bien faire en buvant trop d’eau peut, dans certaines circonstances, se retourner contre nous. Cette alerte, relayée par plusieurs médecins et nutritionnistes en pleine vague de chaleur estivale, mérite qu’on s’y attarde sans céder à la panique. Car il ne s’agit pas de boire moins, mais de boire mieux. Entre les sportifs d’endurance qui ingurgitent des litres d’eau pure et les personnes âgées fragilisées par la chaleur, le risque existe bel et bien. Décryptage d’un phénomène méconnu du grand public.
L’hyponatrémie : quand l’eau devient un poison
Le corps humain fonctionne grâce à un équilibre précis entre l’eau et les sels minéraux, notamment le sodium. Ce dernier joue un rôle central dans la régulation de la pression osmotique et la transmission de l’influx nerveux. Lorsque l’on absorbe une quantité massive d’eau en peu de temps, sans apport parallèle en électrolytes, le sodium sanguin se dilue dangereusement.
Un mécanisme sournois
Selon l’AP-HP, l’hyponatrémie est l’un des désordres électrolytiques les plus fréquents en milieu hospitalier. Le problème : les premiers symptômes ressemblent à ceux d’une simple fatigue ou d’un coup de chaleur.
- Nausées, maux de tête et confusion apparaissent lorsque la natrémie descend sous 130 mmol/L.
- En dessous de 120 mmol/L, le risque d’œdème cérébral et de convulsions augmente fortement.
- Les cellules cérébrales, gorgées d’eau, gonflent dans la boîte crânienne rigide, créant une pression potentiellement fatale.
Des cas dramatiques ont été documentés lors de marathons, où des coureurs, obsédés par l’idée de ne pas se déshydrater, ont bu au-delà de leurs pertes réelles. Une étude publiée dans le New England Journal of Medicine avait révélé que 13 % des participants au marathon de Boston présentaient une forme d’hyponatrémie à l’arrivée.
L’erreur à ne pas commettre pendant la canicule

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La chaleur intensifie les pertes hydriques par la transpiration, mais celle-ci n’évacue pas que de l’eau : elle emporte aussi du sodium, du potassium et du magnésium. C’est là que réside le piège pointé par les spécialistes.
Compenser les électrolytes, pas seulement l’eau
Comme le rappellent plusieurs nutritionnistes interrogées récemment, « l’eau seule est parfois insuffisante » pour une réhydratation optimale lors de fortes chaleurs ou d’efforts prolongés. Boire de l’eau pure en grande quantité pour compenser une transpiration abondante peut aggraver la dilution du sodium.
- Privilégiez une alimentation riche en fruits et légumes gorgés d’eau et de minéraux : concombre, pastèque, tomate.
- Les bouillons, soupes froides et eaux légèrement salées peuvent aider lors d’efforts intenses.
- Évitez l’alcool, qui accentue la déshydratation et perturbe l’équilibre électrolytique.
La chaleur est déjà un facteur de risque à part entière pour de nombreux organismes. Nous avons d’ailleurs consacré un dossier complet à la manière dont vos médicaments peuvent aggraver le danger en période de canicule, un aspect souvent négligé par les patients. Comprendre l’équilibre entre les apports et les pertes rejoint la logique nutritionnelle que nous détaillons dans notre guide complet sur les macros et les calories.
Qui sont les personnes les plus exposées ?
Tout le monde n’est pas égal face au risque d’hyponatrémie. Certains profils doivent redoubler de vigilance, particulièrement lors des épisodes caniculaires qui se multiplient avec le réchauffement climatique.
Les populations à risque
- Les sportifs d’endurance : marathoniens, triathlètes et randonneurs qui boivent excessivement par crainte de la déshydratation.
- Les personnes âgées : leur mécanisme de la soif est altéré et leur fonction rénale moins performante, ce qui perturbe la régulation du sodium.
- Les patients sous certains traitements : diurétiques et antidépresseurs peuvent favoriser la rétention d’eau et la baisse de la natrémie.
Selon l’INSERM, la fonction rénale décline naturellement avec l’âge, rendant l’élimination de l’eau moins efficace. Chez les seniors, un excès d’eau se corrige donc plus lentement, augmentant la fenêtre de danger. Il convient également de rappeler que la chaleur exacerbe d’autres risques sanitaires, comme la prolifération du moustique tigre avec lequel il va falloir apprendre à vivre dans un climat qui se réchauffe.
Comment s’hydrater intelligemment ?

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La règle d’or n’est pas de boire le maximum, mais de boire à bon escient. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) recommande un apport hydrique total d’environ 2 à 2,5 litres par jour, aliments compris, une quantité à moduler selon l’activité et la température.
- Écoutez votre soif : elle reste, chez les personnes en bonne santé, un excellent indicateur.
- Fractionnez vos apports tout au long de la journée plutôt que d’ingérer de gros volumes d’un coup.
- Surveillez la couleur de vos urines : un jaune pâle signale une bonne hydratation, une transparence totale peut trahir un excès.
- Lors d’efforts dépassant une heure, pensez aux boissons contenant des électrolytes.
Questions fréquentes
Combien de litres d’eau faut-il boire par jour ?
L’ANSES recommande un apport hydrique total d’environ 2 à 2,5 litres par jour, aliments inclus, dont environ 1,5 litre sous forme de boissons. Ce chiffre doit être ajusté selon la température, l’activité physique et l’état de santé. Il n’existe pas de seuil unique valable pour tous.
Quels sont les premiers signes d’hyponatrémie ?
Les symptômes initiaux sont trompeurs : maux de tête, nausées, fatigue et confusion apparaissent lorsque la natrémie descend sous 130 mmol/L, selon l’AP-HP. En cas de baisse sévère (moins de 120 mmol/L), des convulsions et une altération de la conscience peuvent survenir. Consultez immédiatement en cas de doute.
Faut-il boire des boissons pour sportifs pendant la canicule ?
Pour une activité quotidienne normale, l’eau et une alimentation équilibrée suffisent. Les boissons enrichies en électrolytes sont surtout utiles lors d’efforts prolongés dépassant une heure ou de transpiration intense, afin de compenser les pertes en sodium et en potassium.
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📚 Sources :
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Consultez toujours un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation ou traitement médical.



